Que risque vraiment votre entreprise si vous ne faites rien ?
- Une mise en demeure de l’inspection du travail dès qu’un manquement est constaté, même sans accident.
- L’arrêt de votre activité en vigilance rouge si vos mesures ne sufissent pas. Pas de production, pas de chiffres d’affaires.
- La faute inexcusable en cas d’accident lié à la chaleur, si vous aviez conscience du danger sans agir (art. L452-1 du Code de la Sécurité sociale) : majoration de la rente de la victime, indemnisation de tous ses préjudices et un coût humain qui ne se répare pas.
- Une amende administrative pour un DUERP absent ou non mis à jour : depuis la loi du 25 juin 2026, jusqu’à 4 000 € par salarié concerné (8 000 € en cas de récidive), prononcée par la DREETS sans passer par un juge.
Mettez ces montants en face du coût d’une glacière, de quelques ventilateurs et d’une fiche de consignes. Le calcul est vite fait. La prévention n’est pas une dépense : c’est la police d’assurance la moins chère de votre année RH.
Récupérez votre check-list de conformité : tout ce que DUERP doit contenir sur le risque de chaleur. Un dossier carré le jour d’un contrôle
Comment protéger vos salariés de la chaleur selon votre secteur (BTP, restauration, bureaux) ?
Les secteurs les plus touchés par les accidents mortels liés à la chaleur sont, chaque année, le BTP, l’agriculture et les travaux en extérieur. Mais l’intérieur n’est pas épargné.
BTP et travaux extérieurs :
- Décalez les tâches physiques aux heures fraîches,
- prévoyez des zones d’ombre et des pauses.
- Sur les chantiers, une règle spécifique s’applique : en l’absence d’eau courante, au moins 3 litres d’eau par jour et par travailleur doivent être mis à disposition.
Bon à savoir : Depuis le décret du 28 juin 2024, la canicule est reconnue comme une intempérie dans le BTP. En cas d’arrêt de chantier sous vigilance orange ou rouge, entre le 1er juin et le 15 septembre, l’indemnisation du chômage-intempéries BTP peut s’appliquer.
En hôtellerie-restauration, une cuisine derrière un piano chaud peut dépasser 35 °C, même hors canicule.
- Renforcez l’extraction et la ventilation,
- Faites tourner les postes les plus exposés,
- Imposez des pauses fraîcheur et une hydratation régulière.
Bureaux et entrepôts mal ventilés :
- Fermez les stores le jour, aérez tôt le matin,
- adaptez les horaires
- et ouvrez le télétravail aux personnes vulnérables.
Un local de travail doit rester à une température adaptée en toute saison.
L’astuce RH
Faites de vos salariés vos premiers capteurs d’alerte : formez-les à repérer les signes chez un collègue (maux de tête, crampes, nausées, désorientation) et à réagir mettre à l’ombre, rafraîchir, appeler le 15 ou le 112.
Téléchargez le kit chaleur au travail afin de partager à vos salariés toutes les bonnes pratiques en cas de forte chaleur.
Comment diffuser les consignes canicule à toutes vos équipes ?
Une obligation ne protège que si elle atteint le salarié là où il travaille : chantier, cuisine, entrepôt, pas seulement l’affiche du réfectoire.
C’est là qu’un outil de communication interne fait la différence : diffuser la fiche, notifier le passage en vigilance orange, confirmer que chaque équipe a reçu et lu les consignes. Vous gardez une trace de la diffusion. Précieuse le jour où vous devez prouver que vous avez informé vos salariés.
Exemple : Une PME du bâtiment de 25 salariés passe en vigilance orange. En dix minutes, le dirigeant décale l’embauche à 6 h, notifie la consigne à toutes les équipes depuis son téléphone et obtient un accusé de lecture. Quand l’inspection du travail passe, il présente ses réévaluations quotidiennes et ses communications horodatées.