En 2026, la réduction Fillon change complètement de visage. Exit les multiples dispositifs d’allègements patronaux : place à une réduction générale dégressive unique (RGDU), instaurée par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 et précisée par le décret n°2025-887 du 4 septembre 2025. Derrière cette réforme d’actualité ? Une volonté affichée de simplifier les exonérations de charges… mais aussi de revoir en profondeur leur logique. Résultat : nouveaux seuils, nouvelle formule, nouveaux paramétrages paie et impacts très concrets pour les RH.
Accueil » Guides RH » Performances RH » Réduction générale de cotisations patronales en 2026 : nouveau calcul et impact paie
Réduction générale de cotisations patronales en 2026 : nouveau calcul et impact paie
- Staff & Go, élu meilleur SIRH
Boostez vos performances RH avec un logiciel RH 100% modulable
Sommaire
En 2026, la réduction Fillon devient une réduction générale dégressive unique (RGDU) applicable jusqu’à 3 SMIC. Les taux réduits maladie et allocations familiales disparaissent pour la majorité des employeurs.
Réduction générale de cotisations patronales : de quoi parle-t-on ?
Vous le savez mieux que quiconque : quand une entreprise verse un salaire, elle paie aussi des cotisations patronales (assurance maladie, retraite, chômage, allocations familiales…). Le coût réel d’un salarié est donc bien supérieur à son salaire brut. Pour limiter ce coût sur les bas salaires, l’État a progressivement mis en place des mécanismes d’allègements de charges patronales, dont la célèbre “réduction Fillon”, officiellement appelée réduction générale des cotisations patronales.
Le principe ? Plus la rémunération est proche du SMIC, plus la réduction est importante. À l’inverse, plus le salaire augmente, plus l’allègement diminue.
Et forcément, cela a un impact direct sur le coût employeur affiché sur le bulletin de paie et ses mentions obligatoires.
Pourquoi le gouvernement réforme les allègements en 2026 ?
Le système actuel était devenu particulièrement complexe :
- une réduction Fillon jusqu’à 1,6 SMIC ;
- un taux réduit maladie jusqu’à 2,25 SMIC ;
- un taux réduit allocations familiales jusqu’à 3,3 SMIC.
Trois mécanismes. Trois seuils. Trois logiques de calcul. Bonjour les effets de seuil et les casse-têtes en paie.
L’article 18 de la loi n°2025-199 de financement de la Sécurité sociale pour 2025 réforme donc les allègements généraux pour créer un système unique, plus progressif et théoriquement plus lisible.
Ce qui change en 2026 avec la nouvelle RGDU
La réduction Fillon laisse place à la RGDU
À compter du 1er janvier 2026, les réductions de taux maladie et allocations familiales disparaissent pour la majorité des employeurs. Elles fusionnent dans une nouvelle réduction générale dégressive unique.
Le nouveau fonctionnement devient simple sur le papier :
| Niveau de rémunération | Réduction |
| Au niveau du SMIC | Réduction maximale |
| Entre 1 et moins de 3 SMIC | Réduction dégressive |
| À partir de 3 SMIC | Plus de réduction |
Le point de sortie est donc désormais fixé à 3 SMIC, contre 1,6 SMIC auparavant pour la réduction Fillon classique.
Les nouveaux seuils et paramètres à connaître
Le décret n°2025-887 du 4 septembre 2025 introduit une nouvelle formule de calcul avec plusieurs paramètres techniques :
- un seuil minimal d’exonération de 2 % (Tmin) ;
- un coefficient maximal (Tdelta) ;
- une puissance P = 1,75 destinée à rendre la dégressivité plus progressive.
Pour les employeurs de moins de 50 salariés, le coefficient maximal atteint 39,73 %. Il monte à 40,13 % pour les entreprises de 50 salariés et plus soumises à un FNAL à 0,50 % (Article D241-7 du Code de la sécurité sociale).
Quelles cotisations et quels salariés sont concernés par la RGDU ?
Les cotisations incluses dans la réduction générale
La nouvelle réduction générale dégressive unique ne concerne pas uniquement les cotisations maladie. En réalité, son périmètre est beaucoup plus large. Et c’est justement ce qui rend les calculs 2026 aussi sensibles côté paie. Le champ du dispositif couvre ainsi plusieurs cotisations et contributions patronales intégrées dans le calcul global de l’exonération.
La RGDU vient s’imputer sur plusieurs cotisations patronales versées à l’Urssaf et aux organismes sociaux. Parmi elles, on retrouve notamment :
- les cotisations maladie ;
- les allocations familiales ;
- le FNAL ;
- la contribution solidarité autonomie (CSA) ;
- l’assurance chômage ;
- la retraite complémentaire obligatoire ;
- une partie des cotisations accidents du travail et maladies professionnelles (AT/MP), dans les limites prévues par le Code de la sécurité sociale.
Pour les équipes RH, cela signifie une chose : le moindre changement de paramétrage peut avoir un impact direct sur plusieurs lignes du bulletin de paie. D’où l’importance de bien suivre les taux des cotisations sociales en 2026.
| Cotisation | Incluse dans la réduction ? |
| Assurance maladie | Oui |
| Allocations familiales | Oui |
| FNAL | Oui |
| Assurance chômage | Oui |
| Retraite complémentaire obligatoire | Oui |
| AT/MP | Partiellement |
| Versement mobilité | Non |
Les salariés éligibles à la réduction générale
Bonne nouvelle : la majorité des salariés affiliés à l’assurance chômage peuvent ouvrir droit à la réduction générale. CDI, CDD, alternants, apprentis ou salariés à temps partiel restent donc concernés par le dispositif.
En revanche, certaines catégories restent exclues. C’est notamment le cas :
- des mandataires sociaux ;
- des stagiaires ;
- des salariés sans contrat de travail ;
- des particuliers employeurs.
Et attention aux cas particuliers. Certains régimes spéciaux, certaines exonérations zonées ou encore les dispositifs agricoles MSA conservent des règles spécifiques en 2026.
Comment calculer la réduction générale 2026 ?
Le calcul suit globalement quatre étapes :
- déterminer la rémunération annuelle brute (RAB) ;
- calculer le SMIC annuel de référence ;
- appliquer la formule de coefficient prévue par le Code de la sécurité sociale ;
- calculer le montant mensuel de réduction.
La formule officielle du coefficient devient :
Tmin + (Tdelta × [(1/2) × ((3 × SMIC annuel / rémunération annuelle brute) −1)] 1,75)
Exemple
Prenons une entreprise de moins de 50 salariés employant un salarié rémunéré 2 300 € brut par mois.
Étape 1 : calculer la rémunération annuelle brute (RAB)
2300 × 12 = 27600€
Étape 2 : identifier les paramètres fixes de la formule
Pour une entreprise de moins de 50 salariés :
- Tmin = 0,02
- Tdelta = 0,3773
- puissance = 1,75
- Le SMIC annuel retenu pour l’exemple est estimé à 21876€
Étape 3 : comparer le SMIC annuel à la rémunération brute annuelle
(3 × 21876) / 27600
65628 / 27600 = 2,37
Étape 4 : retirer 1
2,37 − 1 = 1,37
Étape 5 : appliquer le facteur de dégressivité
1,37 × 0,5 = 0,685
Étape 6 : appliquer la puissance 1,75
0,6851,75 ≈ 0,516
Étape 7 : appliquer le Tdelta
0,516 × 0,3773 ≈ 0,194
Étape 8 : ajouter le Tmin
0,194 + 0,02 = 0,214
Le coefficient final de réduction est donc d’environ 0,214.
Oui, dit comme ça, ça pique un peu. Heureusement, les équipes RH n’ont pas vocation à sortir une calculatrice scientifique à chaque bulletin de paie. Mais cette réforme confirme une chose : en 2026, des paramétrages paie fiables et des outils RH bien connectés deviennent indispensables pour éviter les erreurs de calcul, les anomalies DSN et les mauvaises surprises lors d’un contrôle Urssaf.
Impact sur la paie et le coût employeur : les points de vigilance pour les RH
Comparatif 2025 vs 2026 : qui gagne et qui perd ?
C’est probablement la grande question que se posent les employeurs : la réforme 2026 permet-elle vraiment de réduire le coût total du travail ?
La réponse est… nuancée.
En réalité, tout dépend du niveau de rémunération des salariés. Car avant 2026, plusieurs dispositifs pouvaient se cumuler :
- réduction Fillon ;
- taux réduit maladie ;
- taux réduit allocations familiales.
Avec la RGDU, ces mécanismes fusionnent dans une seule réduction dégressive. Résultat : certains niveaux de salaire deviennent plus avantageux, d’autres moins.
| Niveau de rémunération | Effet global estimé en 2026 |
| SMIC | Situation globalement stable |
| 1,2 SMIC | Ancien système souvent plus favorable |
| 1,4 SMIC | Nouveau système parfois plus avantageux |
| 1,6 SMIC | Écart variable selon les situations |
| 2 SMIC | Réduction souvent moins intéressante |
| 2,5 SMIC | Maintien d’un allègement partiel inédit |
| 3 SMIC | Fin de la réduction |
Pourquoi ces écarts ? Parce que la réforme cherche à lisser les effets de seuil. Avant, certaines entreprises perdaient brutalement une partie des exonérations dès qu’un salarié dépassait certains plafonds. Désormais, la réduction diminue plus progressivement jusqu’à disparaître à 3 SMIC.
Mais attention : “plus progressif” ne veut pas forcément dire “plus avantageux”. Pour de nombreuses entreprises employant des salariés entre 1 et 1,6 SMIC, le nouveau système pourrait entraîner une légère hausse du coût employeur.
À l’inverse, certaines rémunérations plus élevées continuent désormais de bénéficier d’un allègement résiduel, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant.
Autrement dit : impossible de généraliser. Deux entreprises ayant le même effectif peuvent subir des impacts totalement différents selon :
- leur structure de rémunération ;
- le nombre d’heures supplémentaires ;
- les primes versées ;
- les temps partiels ;
- ou encore les absences.
C’est précisément pour cette raison que les simulations de masse salariale deviennent essentielles.
Optimisez vos processus RH avec Staff & Go
Checklist RH et paie pour 2026
Depuis l’entrée en vigueur de la RGDU au 1er janvier 2026, les services RH et paie doivent redoubler de vigilance sur leurs paramétrages. Car entre les nouvelles règles de calcul, les régularisations progressives et les impacts DSN, les risques d’erreurs restent élevés plusieurs mois après la réforme.
La réforme impacte directement :
- les logiciels de paie ;
- les exports DSN ;
- les variables de paie ;
- les outils GTA ;
- les calculs de charges patronales.
Voici les principaux points de contrôle à surveiller en 2026 :
| Vérifications à effectuer | Pourquoi c’est important |
| Vérifier la mise à jour du logiciel de paie | Intégrer correctement la formule RGDU |
| Contrôler les paramètres FNAL (Fonds national d’Aide au Logement) | Le taux influence directement le coefficient |
| Vérifier les CTP (Codes Type de Personnel) DSN | Limiter les anomalies déclaratives |
| Tester les régularisations progressives | Éviter les écarts de cotisations |
| Contrôler les règles d’absences | Corriger correctement le SMIC de référence |
| Vérifier les variables de paie | PPV (Prime de partage de la valeur), heures supplémentaires, primes |
| Contrôler les interfaces GTA/paie | Sécuriser les remontées d’absences et EVP |
| Conserver les justificatifs de calcul | Anticiper un éventuel contrôle Urssaf |
La réforme 2026 confirme une tendance de fond : la paie dépend de plus en plus de la qualité des paramétrages RH et SIRH. Entre les absences, les EVP, les temps partiels ou les régularisations annuelles, des outils mal synchronisés peuvent rapidement générer des erreurs coûteuses.
Alors, votre SIRH et votre logiciel de paie sont-ils réellement à jour face aux nouvelles règles de calcul de la RGDU ?
FAQ - Ce qu'il faut retenir
La réduction Fillon existe-t-elle encore en 2026 ?
Oui… mais sous une nouvelle forme. Depuis le 1er janvier 2026, la réduction Fillon devient la réduction générale dégressive unique (RGDU), issue de la fusion de plusieurs dispositifs d’allègements patronaux.
Jusqu’à quel niveau de salaire la RGDU s’applique-t-elle ?
La réduction générale s’applique désormais aux rémunérations inférieures à 3 SMIC. Elle est maximale au niveau du SMIC puis diminue progressivement.
Les taux réduits maladie et allocations familiales existent-ils encore ?
Non, ils disparaissent pour la majorité des employeurs en 2026 et sont intégrés dans la nouvelle RGDU, sauf certains dispositifs spécifiques (LODEOM, aide à domicile, exonérations zonées…).
Pourquoi la réforme complique-t-elle la paie ?
Parce que le calcul dépend désormais de nombreux paramètres : absences, temps partiel, heures supplémentaires, PPV, SMIC annualisé ou encore régularisations DSN.
Que doivent vérifier les RH en priorité ?
Les entreprises doivent surtout contrôler leurs paramétrages paie et SIRH : formule RGDU, variables de paie, règles d’absences, CTP DSN et cohérence des exports déclaratifs.
Article rédigé par
La Team Staff & Go
Alice, Claire, Ecenya, Lucie ou encore Benjamin : derrière chaque article, notre équipe rédactionnelle met son expertise au service de vos enjeux RH, avec des contenus pensés pour vous accompagner au quotidien.
Partager l'article :
Sommaire
Restez informé grâce à la newsletter Staff & Go
guides et outils rh
Nos ressources Paie
Démo gratuite