PLFSS 2027 : quelles mesures et impacts pour les employeurs ?

Mis à jour le 21/10/2026

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Sommaire

Le projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027 (PLFSS 2027) pourrait entraîner des transformations majeures pour les entreprises et les services RH. Présenté en Conseil des ministres et déposé à l’Assemblée nationale le 1ᵉʳ octobre 2026, ce texte prévoit de nouveaux arbitrages sur :  

  • les allègements de cotisations patronales,  
  • la réduction des exonérations sociales applicables aux indemnités de rupture,  
  • tout en pérennisant des dispositifs clés de soutien au pouvoir d’achat. 

Ces arbitrages s’inscrivent dans une trajectoire budgétaire stricte : le Gouvernement vise à ramener le déficit de la Sécurité sociale de 21,8 milliards d’euros en 2026 à 12,7 milliards d’euros en 2027 (projet de budget pour 2027-Communiqué de presse du gouvernement). 

Quels changements devez-vous anticiper pour votre entreprise ? Quelles conséquences sur vos charges sociales, vos pratiques RH et la gestion de la paie ? Découvrez les principales dispositions du projet et leurs effets concrets.

Contexte budgétaire : les chiffres du PLFSS 2027 

Le PLFSS 2027 vise à redresser les comptes sociaux. 

Sans l’introduction de nouvelles mesures correctives, le déficit des comptes sociaux risquerait d’atteindre 22,6 milliards d’euros en 2027. Le Gouvernement entend le limiter à 12,7 milliards d’euros, contre 21,8 milliards prévus pour 2026. 

Pour y parvenir, plusieurs mesures concernent directement les entreprises, notamment le calcul des cotisations et exonérations sociales (projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027, déposé le 1er octobre 2026). 

Le texte doit désormais être examiné par le Parlement. Les débats à l’Assemblée nationale sont programmés fin octobre 2026, avant son examen au Sénat. La loi définitive est attendue en décembre 2026.

Allègements généraux (RGDU) : un risque de hausse des cotisations patronales 

La réduction générale dégressive unique (RGDU) permet aux employeurs de bénéficier d’allègements de cotisations patronales sur les rémunérations inférieures à 3 SMIC. Son calcul repose notamment sur la rémunération annuelle du salarié. 

Depuis 2026, cette réduction diminue progressivement à mesure que la rémunération augmente. 

Alors que la prime de partage de la valeur (PPV) est déjà prise en compte dans le calcul de la RGDU, le PLFSS 2027 prévoit d’étendre cette prise en compte à d’autres éléments de rémunération, notamment l’intéressement, la participation et certains abondements patronaux aux plans d’épargne salariale (dans des conditions qui seraient fixées par décret). 

Ces sommes seraient intégrées pour apprécier l’éligibilité à la réduction et déterminer son coefficient. En revanche, leurs fractions exonérées de cotisations seraient exclues de l’assiette servant au calcul du montant final de la réduction. 

Pour les entreprises dotées d’une politique dynamique de partage de la valeur, ces aménagements risquent d’augmenter significativement le coût global du travail en réduisant les abattements perçus.

Indemnités de rupture : création d’un plafond unique d’exonération à 1 PASS 

Le projet prévoit également de modifier le régime social des indemnités de rupture. 

Actuellement, les indemnités de licenciement, de rupture conventionnelle ou de mise à la retraite peuvent bénéficier d’exonérations de cotisations et de CSG/CRDS dans des limites différentes. 

À compter du 1er janvier 2027, le Gouvernement souhaite instaurer un plafond unique d’exonération égal à une fois le plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS). 

À titre de comparaison, le PASS est fixé à 48 060 € en 2026. Le montant de 48 900 € est envisagé pour 2027, sous réserve de sa fixation officielle. 

Toute fraction d’indemnité supérieure à ce plafond deviendrait soumise à l’intégralité des cotisations sociales, de la CSG et de la CRDS dès le premier euro excédentaire. 

Par exemple, si un salarié perçoit une indemnité de licenciement de 70 000 €. Avec un PASS hypothétique de 48 900 €, la tranche de 21 100 € excédant le plafond perdra l’exonération sociale et subira le barème classique des cotisations.

Attention au seuil de bascule : si le montant cumulé des indemnités dépasse 10 PASS (5 PASS pour un mandataire social), le plafond d’exonération ne s’applique plus. L’indemnité est alors soumise en totalité.

La réforme concernerait également les indemnités transactionnelles et certaines indemnités judiciaires liées à la rupture du contrat de travail. 

La contribution patronale spécifique de 40 % applicable aux ruptures conventionnelles et aux mises à la retraite serait maintenue (PLFSS 2027, art. 6). 

Pour votre entreprise, l’enjeu sera d’anticiper le coût global des ruptures envisagées à partir de 2027. 

Le volet fiscal de cette mesure figure dans le PLF 2027, il est donc à suivre séparément.

L'astuce RH

Quelle que soit la teneur définitive du texte, la centralisation et le contrôle des données resteront essentiels pour fiabiliser la paie. Notre logiciel de gestion des variables de paie peut faciliter la collecte, la validation et la transmission des éléments au logiciel de paie. 

PPV, RTT et Forfait Jours : les dispositifs pérennisés

Toutes les dispositions du PLFSS 2027 ne sont pas restrictives. Le texte consolide plusieurs mécanismes d’aménagement du temps de travail et de rémunération complémentaire. 

Prime de partage de la valeur (PPV) : une exonération sociale prolongée

Le régime social favorable de la PPV devait prendre fin le 31 décembre 2026. Le PLFSS 2027 le rend permanent : la prime resterait exclue de l’assiette des cotisations, dans la limite d’un montant annuel fixé par décret, qui ne pourra pas dépasser 1/15e du PASS (soit 3 204 € sur la base du PASS 2026). Cette limite serait doublée si l’employeur remplit les conditions prévues au V de l’article 1er de la loi du 16 août 2022.

Dans les entreprises de moins de 50 salariés, l’exonération de CSG/CRDS serait prolongée jusqu’au 31 décembre 2027. L’exonération d’impôt sur le revenu, elle, ne serait pas reconduite.

Le texte crée aussi une contribution patronale sur les revenus soumis à la CSG mais exclus des cotisations. La PPV et l’intéressement en seraient exclus dans les entreprises de moins de 250 salariés, la participation et l’abondement dans celles de moins de 50 salariés  (PLFSS 2027, art. 7). 

Rachat des RTT et jours de repos (Forfait Jours) : vers une pérennisation

Le dispositif permettant aux salariés de renoncer, avec l’accord de leur employeur, à certaines journées ou demi-journées de repos devait prendre fin le 31 décembre 2026. 

Le projet propose de le pérenniser.

Les jours de RTT rachetés continueraient à bénéficier d’une rémunération majorée et du régime social et fiscal favorable applicable aux heures supplémentaires. 

Le texte prévoit également de pérenniser le régime social de faveur associé à certaines renonciations à des jours de repos dans le cadre des forfaits jours (PLFSS 2027, art. 7).

L'astuce RH

Pour maîtriser les règles de décompte et de suivi des jours de repos, consultez notre guide sur le forfait jours et la gestion des RTT.

Arrêts de travail : des évolutions à anticiper pour les IJSS 

Le projet de loi de finances pour 2027 prévoit notamment de supprimer le taux réduit de CSG applicable aux indemnités journalières de Sécurité sociale. Il envisage également de modifier leur régime fiscal, notamment en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle (AT/MP). 

Parallèlement, une réforme déjà adoptée abaisse le plafond du salaire de référence servant au calcul des IJSS AT/MP à l’équivalent de 1,8 SMIC, pour les arrêts débutant à compter du 1er novembre 2026 (décret n° 2026-909 du 30 septembre 2026). 

Cette dernière mesure pourrait augmenter le complément de salaire dû par les employeurs lorsque les dispositions légales ou conventionnelles prévoient un maintien de rémunération.

L'astuce RH

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Nouveautés arrêts de travail AT/MP

Tableau récapitulatif : Les mesures du PLFSS 2027 pour les entreprises 

Mesure  

 

Changement envisagé   Impact employeur / paie  
Allégements RGDU  Inclusion de l’intéressement et de la participation dans le calcul.  Risque de hausse des charges patronales sur les salaires 

 

Indemnités de rupture  Plafond d’exonération unique fixé à 1 PASS  Renchérissement du coût des ruptures conventionnelles et licenciements supérieurs au PASS 

 

Prime de partage de la valeur (PPV)  Prolongation de l’exonération CSG/CRDS (<50 salariés) jusqu’à fin 2027  Maintien du levier RH, mais fin de l’exonération d’impôt sur le revenu sans placement sur un plan d’épargne 

 

Rachat des RTT/ jours de repos forfaits jours   Pérennisation du dispositif  Conservation d’un outil flexible d’aménagement du temps de travail 

 

IJSS AT/MP 

 

Alignement du taux de CSG des IJ maladie sur celui des revenus d’activité (+3 points selon l’annexe, mesure portée par le PLF) ; fiscalisation totale des IJ AT/MP et à 50 % des IJ en ALD (PLF) 

 

 

Hausse potentielle du complément employeur en cas de maintien de salaire, liée à l’abaissement du plafond des IJ AT/MP à 1,8 SMIC. 

 

Source : Projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2027, n° 3211, déposé le jeudi 1er octobre 2026 à l’assemblée nationale.  

 

Impulsion IA 2027 : un plan gouvernemental distinct du PLFSS 

Présenté le 22 septembre 2026 par le ministère du Travail, le plan Impulsion IA 2027 vise à accompagner les entreprises et les salariés dans l’intégration de l’intelligence artificielle. 

Doté de plus de 80 millions d’euros et comprenant 12 mesures, ce programme s’articule notamment autour de la formation, de l’accompagnement des TPE-PME, du dialogue social et de l’anticipation des transformations du travail. 

Il prévoit notamment la mise à disposition d’une plateforme publique gratuite, Explore IA, destinée à sensibiliser les professionnels aux usages de l’intelligence artificielle. 

Ce plan gouvernemental est distinct du PLFSS 2027. Sa présentation ne crée pas, à elle seule, de nouvelle obligation légale générale pour les employeurs. 

 

Le PLFSS 2027 pourrait modifier plusieurs paramètres essentiels de la gestion sociale : calcul des cotisations, coût des ruptures, partage de la valeur et indemnisation des arrêts de travail. 

Pour anticiper ces évolutions, commencez par identifier les mesures qui concernent directement votre entreprise. Évaluez leurs conséquences financières, fiabilisez vos données de paie et suivez les prochaines étapes parlementaires. 

Les ajustements définitifs devront toutefois attendre la publication de la loi et, le cas échéant, de ses décrets d’application.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

La majorité des mesures sont prévues pour une entrée en vigueur au 1ᵉʳ janvier 2027, sous réserve d’adoption par le Parlement et de publication des décrets d’application.

Pas pour l’essentiel. Le principal effet passe par la RGDU : l’épargne salariale et les sommes versées au titre du partage de la valeur seraient prises en compte pour apprécier le droit à la réduction. Moins d’allègement signifie plus de cotisations nettes. Exception prévue par l’annexe du projet : une hausse des taux de cotisations AT/MP, compensée par une baisse des cotisations d’assurance maladie, et une réforme de la tarification AT/MP.

L’exonération d’impôt sur le revenu (IR) ne sera plus automatique lors du versement direct. Pour bénéficier de l’exonération fiscale en 2027, le salarié devra verser sa prime sur un plan d’épargne salariale (PEE) ou d’épargne retraite (PER) dans les délais réglementaires.

Non. Le plan Impulsion IA 2027 est une initiative d’accompagnement et de soutien financier à la formation. Il ne crée aucune obligation légale ni sanction pour les employeurs.

Non. Les mesures du PLFSS 2027 sont encore en discussion. Les employeurs peuvent néanmoins anticiper leurs conséquences financières et identifier les paramètres susceptibles d’être modifiés avant la publication de la loi et de ses éventuels décrets d’application.

Article rédigé par

Cécile Derouin

Cécile Dérouin

Avocate et figure incontournable en droit social avec +160 000 abonnés sur LinkedIn, Cécile Derouin rend le droit du travail clair et accessible aux dirigeants et aux professionnels RH à travers ses infographies pédagogiques. CEO de l’Académie RH, organisme de formation certifié Qualiopi, elle vous propose des formations pour sécuriser vos pratiques RH.

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