GPEC : définition, enjeux et mise en place en entreprise

Boostez vos performances RH avec un logiciel RH 100% modulable

Sommaire

Anticiper les besoins en compétences plutôt que de les subir : c’est toute la promesse de la GPEC. 

Dans un marché du travail où les métiers se transforment vite, piloter ses effectifs à vue coûte cher : en recrutements d’urgence, en turnover, en compétences clés qui partent sans remplaçant. La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences existe précisément pour éviter ces ruptures. 

Voici sa définition, son cadre légal à jour, ses enjeux et la méthode pour la mettre en place. 

Qu’est-ce que la GPEC ? définition complète et cadre légal

Définition de la GPEC et différence avec la GEPP

La gestion prévisionnelle des emplois et des compétences (GPEC) est une démarche stratégique de gestion des ressources humaines qui consiste à anticiper les besoins en emplois, en métiers et en compétences d’une entreprise, en fonction de ses objectifs stratégiques et des évolutions de son environnement. Son objectif : aligner les compétences disponibles aujourd’hui avec celles dont vous aurez besoin demain, et accompagner vos équipes dans cette évolution, par la formation et la mobilité interne. 

La GPEC repose sur trois piliers :

  • La gestion des emplois : identifier les métiers et les postes clés, anticiper leurs évolutions et les transformations.
  • La gestion des compétences : recenser les compétences existantes, détecter les écarts et déclencher les actions de formation ou de mobilité.
  • L’accompagnement des parcours professionnels : sécuriser les trajectoires des collaborateurs, favoriser la mobilité interne et l’employabilité.

Un point de vocabulaire qui prête souvent à confusion : depuis les ordonnances Macron du 22 septembre 2017 (ordonnance n° 2017-1385), le terme légal n’est plus « GPEC » mais GEPP : gestion des emplois et des parcours professionnels. L’obligation est désormais codifiée à l’article L. 2242-20 du Code du travail. La GEPP met davantage l’accent sur les parcours professionnels et la mobilité que sur la simple projection des effectifs ; c’est aujourd’hui un levier stratégique du dialogue social en entreprise. En pratique, le sigle « GPEC » reste très largement employé dans les entreprises et les cabinets : les deux termes désignent aujourd’hui la même démarche.

Quelles entreprises sont concernées par l’obligation de GPEC ?

Toutes les entreprises ne sont pas soumises aux mêmes règles. L’obligation porte sur la négociation collective, pas sur l’obligation d’aboutir à un accord : l’employeur doit engager cette négociation à intervalle régulier avec les partenaires sociaux. 

Sont concernées :

  • Les entreprises et groupes d’au moins 300 salariés : obligation d’engager une négociation tous les trois ans sur la GEPP.
  • Les entreprises et groupes de dimension communautaire comportant au moins un établissement ou une entreprise d’au moins 150 salariés en France.

Cette négociation porte notamment sur la mise en place d’un dispositif de GEPP, les mesures d’accompagnement associées (formation, abondement du CPF, validation des acquis de l’expérience, mobilité) et l’articulation avec les autres thèmes RH (article L. 2242-20).

Et les PME ? En dessous de 300 salariés, la GPEC n’est pas obligatoire, mais elle reste fortement recommandée. Une PME peut engager une démarche volontaire, souvent soutenue par des aides publiques comme les OPCO ou le FNE-Formation. Anticiper ses compétences n’est pas réservé aux grands groupes : c’est même souvent vital pour une structure où le départ d’une seule personne clé peut tout désorganiser.

Les 4 enjeux stratégiques de la GPEC pour l’entreprise

La GPEC n’est pas qu’une case réglementaire à cocher. Elle répond à quatre enjeux stratégiques : 

  • anticiper les mutations
  • fidéliser les talents
  • gagner en compétitivité 
  • et nourrir le dialogue social

Les deux premiers méritent qu’on s’y attarde ; les deux autres en découlent directement. Une entreprise qui a les bonnes compétences au bon moment est plus agile et optimise ses coûts de recrutement, et une démarche menée avec les représentants du personnel donne du sens aux transformations plutôt que de les subir. 

Anticiper les évolutions métiers et les besoins en compétences

C’est le cœur de la démarche. Concrètement, il s’agit de cartographier les métiers de l’entreprise selon leur trajectoire : 

  • ceux en tension (difficiles à recruter), 
  • ceux en émergence (nouveaux besoins) 
  • et ceux en déclin (appelés à se transformer ou disparaître).

Vient ensuite l’identification des écarts entre les compétences disponibles et les compétences cibles à 3 à 5 ans. C’est là que la GPEC prend tout son sens, elle intègre les grandes mutations qui redessinent les métiers : digitalisation, transition écologique, évolutions réglementaires. 

Un poste stable aujourd’hui peut exiger des compétences radicalement différentes dans trois ans. Mieux vaut le voir venir.

Renforcer la fidélisation et l’employabilité des collaborateurs

Donner aux talents de la visibilité sur leurs parcours et leurs perspectives de mobilité interne, c’est leur offrir une raison de rester. La GPEC alimente directement les parcours de mobilité interne et de montée en compétences : un collaborateur qui voit où il peut évoluer reste plus longtemps. Résultat : un turnover réduit et un engagement renforcé.

Cette logique se traduit dans deux outils du quotidien RH : le plan de développement des compétences (qui structure les actions de formation) et les entretiens professionnels. Ces entretiens, distincts de l’entretien annuel d’évaluation, sont d’ailleurs obligatoires tous les deux ans pour tous les salariés, avec un bilan renforcé tous les six ans (article L. 6315-1 du Code du travail). Ils constituent une source d’information précieuse pour cartographier les aspirations et les compétences réelles de vos équipes.

L'astuce RH

Une GPEC ne vaut que par la fiabilité des données qui l’alimentent. 

Le module entretiens de Staff & Go centralise les entretiens professionnels et leurs comptes rendus : vous gardez une trace structurée des souhaits de mobilité, des besoins de formation et des compétences exprimées. 

De quoi transformer un échange annuel en matière première pour votre démarche compétences et sécuriser, au passage, le respect de l’obligation légale des entretiens. 

Les 5 étapes clés pour mettre en place une démarche GPEC

Une GPEC efficace suit une méthode en cinq étapes, du diagnostic au pilotage. 

Étape 1 à 3 : diagnostic, cartographie et analyse des écarts

Réaliser l’état des lieux : on photographie l’existant : effectifs, pyramide des âges, compétences disponibles, départs prévisibles (retraites notamment). Cette étape révèle souvent des angles morts, comme une compétence clé détenue par une seule personne proche de la retraite.

Construire le référentiel des emplois et des compétences. Ce référentiel est l’outil central de la démarche : il formalise, métier par métier et niveau par niveau, les compétences attendues, et sert de base à tous les plans d’action en ressources humaines.

L'astuce RH

Les deux premières étapes,  reposent sur des données RH souvent éparpillées entre plusieurs fichiers. 

Une solution RH qui regroupe les modules embauche et gestion des temps de Staff & Go centralisent ces informations (effectifs, mouvements, données contractuelles) dans un seul espace, ce qui fiabilise votre diagnostic de départ.

Mesurer les écarts : comparer l’existant aux besoins futurs, sur le plan quantitatif (combien de personnes sur tel métier ?) et qualitatif (avec quelles compétences ?). Ces écarts dessinent les priorités d’action.

Étape 4 et 5 : plan d’action RH et suivi des indicateurs

Définir le plan d’action : pour chaque écart identifié, on choisit le levier adapté : recrutement, formation, mobilité interne ou reconversion. C’est la traduction concrète du diagnostic.

Piloter avec des indicateurs. Ces outils de suivi mesurent l’atteinte des objectifs et la performance de la démarche dans la durée : une démarche qui ne se mesure pas s’essouffle. Quelques KPI utiles : le taux de couverture des postes clés, le budget formation consommé et le taux de mobilité interne. Prévoyez une revue annuelle pour ajuster la démarche aux évolutions de votre stratégie.

Impact budgétaire et obligations RH : ce que la GPEC coûte et rapporte à l’employeur

Mettre en place une GPEC représente un investissement : 

  • coûts de diagnostic,
  •  de formation, 
  • d’accompagnement des parcours et de mobilité. 

Mais ces dépenses sont à mettre en regard des gains, souvent supérieurs : réduction du turnover, optimisation des recrutements, hausse de la productivité et de l’engagement. La GPEC contribue aussi à éviter les plans de sauvegarde de l’emploi (PSE). Anticiper les mutations, c’est éviter d’avoir à licencier en urgence quand un métier disparaît.

Côté conformité, rappelons la règle exacte : pour les entreprises d’au moins 300 salariés, c’est la négociation sur la GEPP qui est obligatoire, pas l’obligation d’aboutir à un accord. À défaut d’accord, les sujets concernés font l’objet d’une consultation du comité social et économique (CSE). Le risque, en cas de refus pur et simple d’engager la négociation obligatoire, relève du délit d’entrave (articles L. 2242-1 et suivants). Il n’existe pas, pour la GEPP, de pénalité financière automatique comparable à celle prévue en matière d’égalité professionnelle.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

La GPEC (gestion prévisionnelle des emplois et des compétences) et la GEPP (gestion des emplois et des parcours professionnels) désignent la même démarche d’anticipation des besoins en emplois et en compétences. La différence est terminologique et juridique : depuis les ordonnances Macron de 2017 (ordonnance n° 2017-1385), le terme officiel inscrit au Code du travail est « GEPP », avec un accent plus marqué sur les parcours et la mobilité. En pratique, « GPEC » reste le sigle le plus utilisé sur le terrain. Les deux renvoient aujourd’hui à la même obligation, codifiée à l’article L. 2242-20 du Code du travail

Non, l’obligation de négociation triennale sur la GPEC concerne les entreprises d’au moins 300 salariés et les groupes de dimension communautaire ayant au moins 150 salariés en France. Pour les PME, la GPEC n’est pas obligatoire mais fortement recommandée, et peut être soutenue par des dispositifs d’aides publiques.

La mise en place d’une démarche GPEC efficace repose sur cinq étapes clés : diagnostic, cartographie et analyse des écarts ; plan d’action RH et suivi des indicateurs.

La négociation se mène avec les délégués syndicaux (ou, à défaut, les modalités prévues par le Code du travail) et donne lieu, en l’absence d’accord, à une consultation du CSE. Elle porte sur : 

  • le dispositif de GEPP lui-même, 
  • les mesures d’accompagnement (formation, abondement du CPF, VAE, mobilité) 
  • et l’articulation avec les autres sujets RH. 

Pour réussir, mieux vaut arriver à la table avec un diagnostic partagé et des données solides : un référentiel à jour et une cartographie fiable transforment la négociation en discussion constructive plutôt qu’en exercice imposé. 

Restez informé grâce à la newsletter Staff & Go


Article rédigé par

La Team Staff & Go

Logo icône Staff & Go

Alice, Claire, Ecenya, Lucie ou encore Benjamin : derrière chaque article, notre équipe rédactionnelle met son expertise au service de vos enjeux RH, avec des contenus pensés pour vous accompagner au quotidien.

Partager l'article :

Sommaire

Optimisez vos processus RH avec Staff & Go

Ressources gratuites

Guides RH & Boite à outils

Démo gratuite

Découvrez tout ce que vous pouvez faire avec Staff & Go