Lundi de Pâques : un jour férié… qui sert souvent à la journée de solidarité
Le Lundi de Pâques fait partie des 11 jours fériés légaux en France (article L3133-1 du Code du travail). Pourtant, dans beaucoup d’entreprises, il ne rime pas forcément avec repos.
Pourquoi ? Parce qu’il est souvent utilisé pour la journée de solidarité.
Créée pour financer les actions en faveur de l’autonomie des personnes âgées et handicapées, cette journée correspond à une journée de travail supplémentaire non rémunérée pour les salariés, tandis que l’employeur verse une contribution spécifique (0,3 % de la masse salariale).
Et dans de nombreuses organisations, c’est justement le Lundi de Pâques qui a été choisi pour la réaliser.
Résultat : un jour férié sur le calendrier… mais travaillé dans les faits.
Ce que les RH doivent vérifier
La journée de solidarité n’est pas forcément fixée ce jour-là. Elle peut être définie par accord collectif, accord d’entreprise ou, à défaut, par décision de l’employeur après consultation du CSE.
Concrètement, elle peut prendre plusieurs formes :
- le travail d’un jour férié précédemment chômé (souvent le Lundi de Pâques ou le lundi de Pentecôte),
- la suppression d’un jour de RTT,
- ou 7 heures de travail supplémentaires réparties dans l’année pour les salariés à temps plein.
Le point de vigilance pour les RH concerne surtout la communication interne et la paie. Si certains salariés pensent être en jour férié alors qu’il s’agit en réalité de la journée de solidarité, l’incompréhension arrive vite.
Une règle simple : l’employeur doit définir et surtout communiquer clairement, en amont, la journée de solidarité à ses salariés. Sans anticipation, les incompréhensions sont fréquentes et les erreurs de planning ou de paie arrivent vite.
Autre point de vigilance : un salarié ne peut pas effectuer deux journées de solidarité sur une même année. S’il l’a déjà réalisée chez un précédent employeur, il doit pouvoir le justifier pour éviter de la refaire.
Dans les entreprises où les plannings et les règles collectives sont centralisés dans un SIRH, ce type de particularité est généralement beaucoup plus simple à piloter. Parce qu’un jour férié… peut parfois être tout sauf un jour de repos.

