Congé de fractionnement : Définition

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Sommaire

La gestion des congés payés est un pilier de l’administration RH. Parmi les dispositifs existants, les congés de fractionnement suscitent souvent des interrogations. Il s’agit d’un mécanisme spécifique qui incite ou compense la prise de congés en dehors de la période estivale principale. 

Que dit la loi exactement ? Ce droit à des jours de congés supplémentaires est strictement encadré par le Code du travail, notamment à travers les articles L3141-23 et suivants. Comprendre son fonctionnement est essentiel pour l’employeur comme pour le salarié, afin d’assurer une gestion des absences conforme et équitable.

Définition du congé de fractionnement

Le congé de fractionnement désigne les jours de congés supplémentaires accordés à un salarié lorsque celui-ci prend une partie de son congé principal en dehors de la période légale de prise de congés (du 1er mai au 31 octobre de chaque année).

Ce dispositif vise à compenser le salarié qui n’a pas pu prendre l’intégralité de son congé principal (les quatre premières semaines) durant la période considérée comme la plus favorable.

Plus concrètement, comment fonctionne le congé de fractionnement?

  • Il s’agit de jours de congés additionnels (1 ou 2 jours).
  • Ils sont accordés si le salarié “fractionne” son congé principal de 24 jours ouvrables (4 semaines).
  • La condition est de prendre au moins 3 jours de ce congé principal après le 31 octobre (ou avant le 1er mai).
  • La 5e semaine de congés payés n’est jamais concernée par ce calcul.

Il faut bien distinguer la période légale de prise de congés (1er mai – 31 octobre) de la période de référence (souvent du 1er juin N-1 au 31 mai N) qui sert à acquérir les droits à congés. Le fractionnement ne concerne que la période de prise du congé principal.

Conditions d’ouverture du droit au fractionnement

Pour que le droit au fractionnement soit applicable, plusieurs conditions légales doivent être réunies. Le salarié doit d’abord avoir acquis un congé principal complet de 24 jours ouvrables et avoir pris au moins 12 jours ouvrables consécutifs pendant la période légale (entre le 1er mai et le 31 octobre).

Le droit aux jours supplémentaires naît si, au 31 octobre, il reste au salarié un solde de jours de ce congé principal (hors 5 semaine) à prendre.

Quel est le rôle de l’employeur ? L’initiative du fractionnement peut venir soit de l’employeur, pour des raisons d’organisation du service, soit du salarié :

  • Si le salarié souhaite prendre ses congés en dehors de la période légale, l’employeur doit donner son accord.
  • Si l’employeur impose au salarié de fractionner son congé (c’est-à-dire de prendre des jours après le 31 octobre), le salarié doit également donner son accord. Cependant, en cas d’acceptation, il bénéficie automatiquement des jours supplémentaires.

Il est important de noter que le droit au fractionnement, et donc aux jours supplémentaires, peut être supprimé. La loi autorise cette suppression par un accord d’entreprise ou d’établissement, ou par une convention collective. Le salarié peut également y renoncer individuellement, mais cette renonciation doit être écrite et explicite.

Nombre de jours de congés supplémentaires accordés

Le calcul des jours de fractionnement est défini par le Code du travail (article L3141-23). Le nombre de jours supplémentaires dépend du solde de congé principal (4 semaines) restant au 31 octobre :

  • 2 jours de congés supplémentaires sont accordés si le salarié a un reliquat d’au moins 6 jours ouvrables de son congé principal à prendre après le 31 octobre.
  • 1 jour de congé supplémentaire est accordé si le salarié a un reliquat compris entre 3 et 5 jours ouvrables de son congé principal à prendre après le 31 octobre.

Si le reliquat est inférieur à 3 jours, aucun jour de fractionnement n’est dû.

Une convention collective ou un accord d’entreprise peut toujours prévoir des règles de calcul plus favorables pour les salariés, mais ne peut réduire ces droits légaux sauf suppression totale du dispositif par accord.

Exemple

Léa dispose de 24 jours ouvrables de congé principal et en prend 18 en août. Au 31 octobre, il lui reste 6 jours, qu’elle décide de poser pendant les vacances de Noël. En validant cette prise de congés hors période, l’entreprise déclenche le droit au fractionnement.

Le service RH doit alors créditer son compteur de 2 jours supplémentaires, Cela représente une charge salariale additionnelle (2 jours de salaire) et implique une absence totale de 8 jours (6+2) à gérer dans le planning de fin d’année, au lieu des 6 jours initialement prévus. 

Cas particuliers et dérogations

La principale dérogation reste la renonciation du salarié. Un salarié peut renoncer individuellement et par écrit à ses jours de fractionnement. Cela arrive souvent lorsque le salarié demande à prendre ses congés en hiver et l’employeur conditionne son accord à cette renonciation.

Attention, la 5e semaine de congés payés, ainsi que les jours d’ancienneté ou les RTT, n’entrent jamais dans le calcul du fractionnement. Seuls les 24 jours ouvrables du congé principal sont concernés.

Une bonne gestion des congés et absences impose de tracer méticuleusement ces dérogations et ces soldes pour éviter tout litige. Les logiciels RH modernes, comme ceux proposés par Staff & Go, aident les entreprises à automatiser ce suivi complexe et à garantir la conformité des compteurs de droits pour chaque salarié.

Enjeux RH et bonnes pratiques

Pour l’entreprise, le principal enjeu réside dans la conformité légale. Une mauvaise gestion ou un oubli dans le calcul du fractionnement peut entraîner des contentieux et le paiement de dommages et intérêts.

Voici quelques bonnes pratiques RH :

  • Assurer un suivi précis : L’employeur doit suivre rigoureusement les jours pris pendant et hors de la période légale pour chaque salarié éligible. C’est une pratique de calcul du fractionnement indispensable.
  • Communiquer clairement : Les règles (légales ou conventionnelles) doivent être communiquées aux salariés. Le bulletin de paie doit, idéalement, faire apparaître ces jours supplémentaires ou mentionner la renonciation.

L’employeur doit s’assurer que si un salarié renonce à ses jours de fractionnement, cette renonciation soit explicite, écrite et non équivoque. Une simple case à cocher dans un logiciel de congés peut ne pas suffire si elle n’est pas claire. À défaut de preuve de renonciation, le salarié est en droit de réclamer ces jours.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

C’est un droit à des jours de congés supplémentaires (1 ou 2 jours ouvrables) accordé au salarié qui prend une partie de son congé principal en dehors de la période légale (du 1er mai au 31 octobre). 

Si l’employeur l’impose avec l’accord du salarié, les jours supplémentaires sont dus. Si le salarié le demande, l’employeur peut exiger une renonciation écrite en échange de son accord. 

Le calcul se fait au 31 octobre. S’il reste au moins 3 jours du congé principal à prendre : 1 jour supplémentaire est dû (pour 3 à 5 jours restants) ou 2 jours supplémentaires (pour 6 jours ou plus restants). 

Oui. Une convention collective ou un accord d’entreprise peut supprimer totalement ce dispositif. Le salarié peut aussi y renoncer individuellement par un accord écrit.

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Article rédigé par

La Team Staff & Go

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