Yeap : IA, tarification et migration de paie en 2026

Quand la paie devient un enjeu de souveraineté et de performance, Yeap apporte une réponse claire : un moteur 100 % français, indépendant, sans fonds d’investissement au capital, et pensé pour les producteurs de paie. Pas de modules accessoires, pas de compromis, juste une paie fiable.

Yeap, logiciel de paie 100 % français : souveraineté, productivité et liberté d’intégration pour les cabinets.
Sommaire

Staff & Go est un SIRH de prépaie connecté aux logiciels de paie du marché : un socle RH dans lequel les clients du cabinet interagissent avec leur gestionnaire, avant que les données ne remontent dans le ou les logiciels de paie utilisés. Le 10 septembre, Jean-Nicolas Nabet, fondateur et dirigeant de Yeap, a présenté le produit en direct face à Fouad Sevimli, cofondateur de Staff & Go. Sept autres éditeurs se sont prêtés au même exercice lors de la Semaine de la paie : leurs réponses sont réunies dans notre comparatif des logiciels de paie 2026 nouvelle génération.

Qu’est-ce que Yeap et à qui s’adresse ce logiciel ?

Yeap est un logiciel de paie et de déclaratif 100 % français, en production depuis janvier 2024. Il s’adresse exclusivement aux cabinets d’expertise comptable et aux producteurs de paie.

Le modèle de financement est le point que Jean-Nicolas Nabet met en avant en premier. Yeap n’a pas de fonds de private equity au capital. Un peu moins de 15 millions d’euros ont été investis pour construire l’entreprise, financés par huit associés industriels de la paie et cabinets, ainsi que par les clients eux-mêmes, dans une logique de prévente au sein du club utilisateur. Cent cabinets utilisateurs en sont membres. C’est un modèle qui touche directement à la question de l’indépendance des cabinets face aux éditeurs de logiciels.

L’entreprise compte 60 collaborateurs, majoritairement basés à Lyon, et produit environ 150 000 bulletins par mois pour des entreprises de 1 à 3 000 salariés. Rien n’est délocalisé.

Sur le périmètre, la position est nette.

« On a pris la posture de ne pas faire d’outils RH. Ce n’est pas notre métier, on est full paie. » Jean-Nicolas Nabet, fondateur de Yeap.

Yeap couvre donc : 

  • l’édition des bulletins, 
  • la DSN et le déclaratif, 
  • les régularisations multi-mois, 
  • les OD comptables 
  • et les paiements SEPA. 

Un portail collaboratif est fourni aux entreprises clientes du cabinet, avec un espace numérique et une restitution de données, mais l’éditeur s’arrête à l’entreprise et ne s’adresse pas aux salariés.

Comment Yeap gère-t-il la DSN et le fait générateur ?

Yeap est connecté à net-entreprises : les flux DSN partent sans intervention et les comptes rendus métier, y compris ceux de la DGFiP, remontent automatiquement dans le logiciel.

Sur l’échéance de 2027, la réponse de l’éditeur tient en une phrase.

« Le fait générateur, on ne l’a pas développé : il est natif chez nous. » Jean-Nicolas Nabet, fondateur de Yeap.

Le principe est celui de l’historisation systématique. Saisir un élément variable avec des dates de rattachement suffit : cet élément reçoit le contexte calculatoire de la période concernée, et produit soit un bulletin complémentaire reprenant le contexte complet de l’époque, soit une rubrique avec le bloc correspondant en DSN.

Cette mécanique vaut aussi pour les régularisations sur un mois antérieur, y compris très anciennes. Yeap cite des remontées jusqu’en 2022 ou 2023, pour des condamnations prud’homales ou des versements de commissions tardifs. Les absences non prises en compte sur un mois basculent automatiquement sur le suivant.

Combien de conventions collectives Yeap couvre-t-il ?

Yeap communique sur une centaine de conventions collectives, tout en indiquant que plus de 180 tournent effectivement dans les dossiers. L’écart est assumé : l’éditeur préfère annoncer moins que ce qu’il couvre.

La modélisation repose sur une console dédiée, YeapModel, développée avant le logiciel de paie lui-même. Le légal et le conventionnel y sont paramétrés par des modélisateurs experts de la paie, pas par des développeurs.

Le légal est intégralement produit par Yeap. Le conventionnel s’appuie sur une connexion en machine à machine avec Lefebvre Dalloz, ce qui accélère la mise à jour des minima, des primes, de la prévoyance et des taux de cotisation. Les accords étendus comme non étendus sont gérés, et les accords d’entreprise se traitent en personnalisation.

Le rythme est d’une mise à jour applicative par mois et d’une mise à jour de modélisation par semaine. Chaque correction est documentée dans une fiche hebdomadaire consultable dans le logiciel.

Comment Yeap utilise-t-il l’intelligence artificielle ?

Yeap utilise l’IA dans ses processus internes, pas dans son produit. L’éditeur le formule comme un choix de périmètre.

« On n’est pas là pour dire qu’il y a de l’IA. On l’utilise, mais on ne veut pas en faire une publicité. » Jean-Nicolas Nabet, fondateur de Yeap.

En interne, l’IA intervient sur quatre usages : 

  • concevoir, en challengeant l’analyse et en anticipant les cas oubliés ; 
  • relire, en renforçant la revue de code sans remplacer la relecture humaine ; 
  • tester, en couvrant davantage de parcours pour limiter les régressions ;
  • diagnostiquer, en accélérant la recherche de cause racine.

Le cas de la relecture est le plus parlant. Chez Yeap, tout code produit par une personne est relu par deux autres avant mise en production. L’IA n’a pas supprimé cette règle, elle a retiré 80 % de la charge de relecture.

Côté produit, aucune fonctionnalité d’IA n’est aujourd’hui exposée aux utilisateurs de YeapPaye. La raison tient au calcul lui-même : la paie est algorithmique et doit être codée, et Jean-Nicolas Nabet dit ne pas croire qu’une IA produise le même résultat à 100 %, des tests ayant été menés notamment sur la génération de fichiers d’écritures comptables. Des cas d’usage fonctionnels sont en cours de spécification, orientés exploitation de la donnée, recherche documentaire et support.

Où sont hébergées les données de Yeap ?

Yeap s’appuie sur trois centres de données, dont deux synchronisés en temps réel, chez des hébergeurs à capitaux français : Scaleway et OVH. La localisation en France ne suffit pas selon l’éditeur, c’est la nationalité du capital qui protège des réglementations extraterritoriales.

Si un centre tombe, le deuxième contient 100 % des données à jour. Le troisième permet un redémarrage en moins de douze heures. La certification ISO 27001 est en cours de finalisation.

Quelles sont les ambitions de Yeap pour fin 2026 et 2027 ?

Plusieurs nouveautés sont déjà sorties ou en cours de sortie :

  • la paie à l’envers complète, du net souhaité ou du coût global vers le brut calculé ;
  • la reprise simplifiée depuis la DSN avec YeapTool, données et compteurs inclus ;
  • la remontée automatique des comptes rendus métier, y compris DGFiP ;
  • une nouvelle modélisation des données, pour absorber plus souplement les évolutions réglementaires ;
  • l’espace numérique entreprise, sans surcoût.

Trois chantiers sont annoncés pour la suite : un cockpit de production offrant une vision consolidée de l’activité, des alertes et des tâches, l’intégration de DSN-Val pour renforcer les contrôles avant transmission, et des paramétrages collectifs applicables à l’échelle de l’organisation. Des échéances à replacer dans le contexte de ce qui attend les gestionnaires de paie en cabinet en 2027.

Les huit éditeurs ont répondu à la même question sur leur roadmap. Leurs réponses sont consultables dans le comparatif des logiciels de paie 2026 nouvelle génération.

Combien coûte Yeap ?

Yeap facture au volume de bulletins, avec un modèle que l’éditeur présente comme clair et prévisible, sans options cachées. Les API sont incluses dans la prestation et leur usage n’est pas facturé.

Une offre de transition a été annoncée : 20 % de réduction sur le tarif YeapPaye au quatrième trimestre 2026 et sur toute l’année 2027, en contrepartie d’un engagement du cabinet sur une montée en charge progressive de sa production. La trajectoire est définie au cas par cas selon le portefeuille, l’organisation et le calendrier de migration.

Comment connecter Staff & Go à Yeap ?

Yeap est nativement ouvert par API, avec un écosystème d’une trentaine d’éditeurs qui lisent et écrivent dans le logiciel, dont Staff & Go. Les absences, congés et éléments variables collectés dans Staff & Go remontent directement dans Yeap, sans ressaisie ni import de fichier.

Fonctionnalités Yeap Staff & Go
Cabinet
Production de la paie ✅
Envoi des DSN ✅
Clients et salariés
Bureautique ✅
Embauche ✅
Gestion des congés ✅ ✅
Coffre et archivage des bulletins ✅ ✅
Variables de paie ✅
Notes de frais ✅
Entretiens ✅
Gestion des temps ✅
Mutuelles et prévoyance (SideCare) (4T 2026) ✅
Assistant juridique (1T 2027) ✅
BI (4T 2026) ✅

Le coffre figure des deux côtés : Yeap dispose du sien et reste ouvert aux SIRH qui récupèrent les bulletins par API. Au-delà, l’éditeur assume de ne pas produire de briques RH et renvoie vers ses partenaires pour l’embauche, les congés, les entretiens ou la gestion des temps.

L’argument central tient à une évolution du marché, que Fouad Sevimli a chiffrée en ouverture.

« Vous êtes plus de 65 % à nous dire que vous allez avoir plusieurs logiciels de paie, ou que vous en avez déjà plusieurs. » 

C’est tout le principe des synergies entre paie et SIRH : un socle unique regroupe tous les clients du cabinet et diffuse ensuite les variables vers le logiciel de paie utilisé pour chacun. Les process s’uniformisent, et jusqu’à 90 % de la saisie disparaît du logiciel de paie.

Un point que Fouad Sevimli rappelle systématiquement : Staff & Go ne démarche jamais commercialement les clients d’un cabinet. Le cabinet reste seul maître de sa relation client.

Comment migrer vers Yeap depuis un autre logiciel de paie ?

La reprise s’appuie sur les DSN. Les outils de Yeap créent l’ensemble des salariés et récupèrent les cumuls en cours d’année : un cabinet qui démarre en septembre peut repartir des huit DSN déjà déposées sur l’exercice. La migration peut donc être progressive, dossier par dossier.

Côté Staff & Go, l’outil de migration de paie répond à l’autre moitié du problème, le transfert des données, avec un objectif de division par quatre du temps de bascule. Les règles à respecter en amont, quel que soit l’éditeur visé, sont détaillées dans notre guide sur comment réussir une migration de logiciel de paie.

Sur l’accompagnement, Yeap revendique un support assuré par de vrais gestionnaires de paie, avec une dizaine d’années d’expérience, joignables par ticket comme par téléphone, et basés en France.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

Yeap est un logiciel de paie et de déclaratif 100 % français, destiné exclusivement aux cabinets d’expertise comptable et aux producteurs de paie. L’entreprise compte 60 collaborateurs, n’a pas de fonds d’investissement au capital et produit environ 150 000 bulletins par mois, pour des dossiers de 1 à 3 000 salariés.

Yeap communique sur une centaine de conventions collectives, tout en indiquant que plus de 180 tournent dans les dossiers de ses clients. Le légal est intégralement modélisé par l’éditeur, le conventionnel s’appuie sur une connexion en machine à machine avec Lefebvre Dalloz. Les accords étendus comme non étendus sont gérés, et les accords d’entreprise se traitent en personnalisation.

Yeap facture au volume de bulletins, sans options cachées, avec les API incluses dans la prestation. Une offre de transition prévoit 20 % de réduction sur le tarif YeapPaye au quatrième trimestre 2026 et sur toute l’année 2027, en contrepartie d’un engagement du cabinet sur une montée en charge progressive.

Yeap couvre la production de la paie et l’envoi des DSN, et assume de ne pas développer de briques RH. Staff & Go couvre tout ce qui se passe côté clients et salariés : embauche, congés, variables de paie, notes de frais, entretiens, gestion des temps, archivage des bulletins. Pour un cabinet qui travaille avec plusieurs logiciels de paie, il apporte surtout un point d’entrée client unique, identique quel que soit l’éditeur utilisé en aval.

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Article rédigé par

La Team Staff & Go

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