Recruter sans déraper : les questions interdites (et celles qui sont autorisées)

“Vous avez des enfants ?” “Vous comptez vous marier bientôt ?” “C’est quoi votre origine ?” Des questions qui semblent anodines dans une conversation… mais qui peuvent vous coûter très cher dans un contexte de recrutement.

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Ce que vous risquez concrètement

En France, la loi est claire : toute question posée en entretien doit avoir un lien direct et nécessaire avec le poste (article L1221-6 du Code du travail). Tout ce qui ne sert pas à évaluer la capacité du candidat à occuper le poste est tout simplement interdit. Et les sanctions, elles, ne sont pas symboliques.

Avant d’aller plus loin, posons les chiffres sur la table. Une discrimination à l’embauche, c’est une infraction pénale. L’article 225-2 du Code pénal prévoit :

  • 3 ans de prison et 45 000 € d’amende pour une personne physique
  • 225 000 € d’amende pour une personne morale (votre entreprise)
  • 26 critères protégés listés à l’article L1132-1 : origine, sexe, âge, situation familiale, état de santé, handicap, opinions politiques, convictions religieuses, orientation sexuelle…

Un manager qui pose la mauvaise question sans en mesurer les conséquences, et c’est vous qui portez le risque. C’est exactement ce genre de situation qu’on peut éviter avec un peu de formation et les bons outils.

En cas de contentieux, l’employeur doit être en mesure de justifier objectivement sa décision. Cela implique de conserver des grilles d’évaluation structurées, des notes d’entretien factuelles, des critères de sélection définis en amont.

Les questions interdites : ce qu’il ne faut jamais demander

La règle est simple en théorie, moins en pratique. Voici les grandes catégories à ne jamais aborder en entretien :

Situation familiale Couple, enfants, projet de grossesse aucune de ces informations n’a d’incidence sur la capacité à occuper un poste. Même si la question semble “juste pour savoir”, elle expose l’entreprise à une accusation de discrimination.

Santé et handicap Ce sujet est strictement réservé à la médecine du travail. Ni l’employeur ni le recruteur n’ont à s’y aventurer lors d’un entretien.

Origine et nationalité Sauf cas légaux très précis :

  • Postes nécessitant la nationalité française, par exemple certaines fonctions dans la fonction publique,
  • Postes dans des entreprises privées soumises à habilitation de sécurité (défense, nucléaire…)
  • Des exigences liées à des conventions bilatérales ou statuts particuliers
  • La distinction importante entre nationalité (critère protégé) et autorisation de travail (vérification légalement obligatoire pour l’employeur)

Ce dernier point est crucial : vérifier qu’un candidat est autorisé à travailler en France est non seulement autorisé, mais obligatoire. Dans les autres cas, ces questions sont hors cadre.

Âge Interdit, sauf exceptions :

  • Contrat d’apprentissage d’apprentissage/ de professionnalisation (avec conditions d’âge)
  • Certains avantages conventionnels ou légaux liés à l’ancienneté ou à l’âge
  • Les emplois réservés à des tranches d’âge spécifiques dans certains secteurs réglementés

Opinions et convictions Politique, religion, engagement syndical tout ce qui relève de la sphère privée du candidat n’a rien à faire dans un entretien professionnel.

Orientation sexuelle et genre Hors champ du recrutement, sans exception.

Apparence physique Sauf exigence du poste légitimement justifiée et proportionnée (certains métiers artistiques ou de représentation, dans des conditions très encadrées).

Le piège le plus fréquent : certaines questions ne sont pas posées directement, mais glissées dans la conversation de façon informelle. “Vous habitez loin d’ici ?” peut sembler neutre mais si elle oriente une décision de recrutement, elle peut être requalifiée. Formez vos managers à ce risque.

Depuis la loi Égalité et Citoyenneté de 2017, les services de l’État peuvent recourir à des opérations de testing pour contrôler les pratiques discriminatoires des employeurs. Les résultats peuvent être utilisés comme preuve en justice. C’est une réalité opérationnelle que tout DRH doit connaître.

 

Les questions autorisées : ce sur quoi vous pouvez (et devez) vous concentrer

Bonne nouvelle : il reste beaucoup à explorer pour évaluer un candidat sérieusement. Tout ce qui touche à ses compétences, son parcours et sa motivation est non seulement autorisé, mais recommandé.

  • Parcours professionnel : Postes occupés, missions conduites, secteurs d’activité, durées c’est le cœur de l’entretien. Creusez autant que nécessaire.
  • Formation et diplômes : Cursus, certifications, langues maîtrisées des éléments directement liés à la capacité à occuper le poste.
  • Compétences techniques : Outils, logiciels, savoir-faire métier spécifiques c’est ici que vous évaluez l’adéquation concrète au poste.
  • Motivation et projet professionnel : Pourquoi ce poste ? Quelles ambitions ? Où se voit le candidat dans deux ans ? Ce volet est précieux pour évaluer l’engagement et la projection à long terme.
  • Disponibilité et mobilité : Date de prise de poste possible, déplacements acceptés ou non des informations directement liées à l’organisation du travail.
  • Prétentions salariales : Rémunération attendue, attentes contractuelles un échange légitime et utile pour les deux parties.

Exemple

Le cas du candidat qui pose lui-même la question

Un candidat vous demande spontanément : “Est-ce que ça pose un problème si j’ai des enfants en bas âge ?” Que faire ?

Ne répondez pas sur le fond. Recadrez poliment : “Ce type d’information n’entre pas en compte dans notre décision de recrutement ce qui compte pour nous, c’est votre capacité à assurer les missions du poste.” Cela protège le candidat… et vous.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

Toute question sans lien direct avec le poste est interdite. Sont notamment visés : la situation familiale, l’état de santé, l’origine, l’âge (hors exceptions), les opinions politiques ou religieuses, l’orientation sexuelle et l’apparence physique.

Une discrimination à l’embauche est une infraction pénale : 3 ans de prison et 45 000 € d’amende pour une personne physique, 225 000 € d’amende pour une personne morale (article 225-2 du Code pénal).

Non. Qu’elle soit posée en entretien formel, par téléphone ou autour d’un café, une question discriminatoire reste une question discriminatoire. Le cadre informel ne protège pas l’employeur.

Il peut saisir le Défenseur des droits ou le conseil de prud’hommes. Si le candidat apporte des éléments laissant supposer une discrimination, c’est à l’employeur de prouver que sa décision reposait sur des critères objectifs.

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