Saisie sur salaire 2026 : montant de la fraction insaisissable et barème

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Sommaire

En cas de dette, une partie du salaire peut être retenue directement par l’employeur dans le cadre d’une procédure judiciaire : il s’agit d’une saisie sur salaire.

Cependant, la loi prévoit un minimum incompressible destiné à protéger le salarié : la fraction insaisissable. Ce seuil, revalorisé le 1er avril 2026, à la suite de l’augmentation du RSA, influence directement le calcul des retenues. À ne pas confondre avec le barème de saisie lui-même, qui a été revalorisé, lui, au 1er janvier 2026 : deux textes, deux dates distinctes.

Employeurs comme salariés doivent comprendre son fonctionnement pour éviter toute erreur ou litige.

Comment fonctionne la saisie sur salaire ?

La saisie sur salaire permet à un créancier muni d’un titre exécutoire d’obtenir le remboursement d’une dette directement sur la rémunération du salarié. 

Important :

Depuis le 1er juillet 2025, la procédure est déjudiciarisée (Loi n° 2023-1059 du 20 novembre 2023, art. 47) : elle n’est plus mise en oeuvre par le juge de l’exécution, mais par un commissaire de justice. Le créancier n’a donc plus besoin d’une autorisation judiciaire préalable, il doit en revanche toujours détenir un titre exécutoire. Les règles de procédure relèvent désormais du Code des procédures civiles d’exécution, le barème restant, lui, fixé par le Code du travail.

Lorsqu’un employeur reçoit une notification officielle (par un commissaire de justice ou via une plateforme dédiée : “SECURACT”), il devient tiers saisi. Il a alors l’obligation de prélever chaque mois une partie du salaire selon un barème légal et reverse les sommes au commissaire de justice répartiteur. 

Le tiers saisi qui ne déclare pas sa situation dans les 15 jours, ou ne reverse pas les sommes saisies, s’expose à une amende civile pouvant atteindre 10 000 € et peut être condamné à payer personnellement les retenues qui auraient dû être opérées (article L. 212-14 du Code des procédures civiles d’exécution).

Le montant des sommes saisies doit être mentionné sur la fiche de paie, sous peine de sanctions pour l’employeur.

Une part minimale du revenu doit impérativement rester disponible pour le salarié. C’est ce que l’on appelle la fraction insaisissable.

Cette réforme ne concerne que les saisies sur salaire : les saisies administratives à tiers détenteur (SATD), les pensions alimentaires en paiement direct et les cessions de rémunération restent inchangées.

 

Le rôle essentiel de la fraction insaisissable

La fraction insaisissable correspond au montant minimum qui ne peut jamais être prélevé sur la rémunération, quelle que soit la situation du salarié.

Cette règle s’impose :

  • quelle que soit la nature de la dette (créance privée, pension alimentaire, dette publique);
  • même en présence d’une procédure de paiement direct de pension alimentaire ;
  • indépendamment du calcul issu du barème de saisie.

Ce mécanisme vise à préserver un niveau de vie minimal, aligné sur le montant forfaitaire du RSA pour une personne seule.

Elle garantit un revenu plancher, même en cas de dettes multiples ou de procédures concurrentes.

En pratique, l’employeur doit donc jongler entre deux obligations : appliquer le barème légal de saisie et garantir le respect du seuil insaisissable.

Une erreur de calcul peut engager la responsabilité de l’entreprise, notamment en cas de retenue excessive.

 

Comment est calculée la saisie sur salaire ?

Le calcul repose sur la rémunération nette après cotisations et prélèvement à la source, et un barème progressif par tranches (articles R. 3252-2 et R. 3252-3 du Code du travail).

Le montant saisissable varie selon les tranches de revenus et le nombre de personnes à charge.

Voici les seuils applicables en 2026 pour un débiteur vivant seul :

Ressources mensuelles saisissables Part saisissable Montant maximum de saisie
Tranche 1 : jusqu’à 373,33 € 1/20e 18,67 €
Tranche 2 : entre 373,33 € et 727,50 € 1/10e 54,08 €
Tranche 3 : entre 727,50 € et 1 083,33 € 1/5e        

125,25 €

Tranche 4 : entre 1 083,33 € et 1 435,83 € 1/4 213,38 €
Tranche 5 : entre 1 435,83 € et 1 789,17 € 1/3 331,15 €
Tranche 6 : entre 1 789,17 € et 2 150,83 € 2/3 572,26 €
Tranche 7 : au-delà de 2 150,83 € 100 % 572,26 € (et 100 % des revenus dépassant 2 150,83 €)

Source :https://www.service-public.gouv.fr/ Saisie sur salaire : le barème 2026

Pour toute personne à la charge du débiteur, le montant de la tranche est majoré de 145 €.

Concrètement pour un salarié seul dont le total des ressources mensuelles saisissables est de 1 500 €, le montant de la saisie peut aller jusqu’à 331,15 € – ((1 789,17 € – 1 500 €) x 1/3) = 234,76 € par mois.

Ce barème est essentiel pour garantir un calcul conforme et éviter toute retenue excessive.

 

Montant de la fraction insaisissable en 2026

Le montant de la fraction insaisissable évolue en fonction des revalorisations du RSA. Le décret n° 2026-220 du 30 mars 2026 a revalorisé le montant forfaitaire du RSA applicable à une personne seule. Cette évolution a donc entraîné mécaniquement une hausse de la fraction insaisissable dans les procédures de saisie des rémunérations en 2026.

Depuis le 1er avril 2026, ce montant est porté à 651,69 € en métropole et dans les départements d’outre-mer hors Mayotte, contre 646,52 € auparavant.

Situation géographique Montant au

1er avril 2025

Montant au

1er avril 2026

Métropole et DOM hors Mayotte 646,52 € 651,69 €
Mayotte 323,26 € 325,85 €

Source : Décret n° 2026-220 du 30 mars 2026 portant revalorisation du montant forfaitaire du revenu de solidarité active

Cette mise à jour doit être intégrée immédiatement dans les outils de paie et les calculs de retenues sur salaires.

Les obligations pratiques en paie

Lorsqu’une procédure de saisie sur salaire est déclenchée, l’employeur doit respecter un cadre strict.

Il doit notamment :

  •     appliquer correctement le barème légal ;
  •     vérifier que le salaire net restant ne descend pas sous le seuil protégé ;
  •     ajuster les calculs en cas de variation de salaire ;
  •     gérer les éventuels conflits entre plusieurs créanciers.

Pour sécuriser la gestion de la fraction insaisissable et des retenues sur salaire, certaines pratiques sont recommandées telles que la mise à jour des paramètres de paie à chaque évolution réglementaire et l’autonomisation des calculs lorsque cela est possible. Une organisation rigoureuse permet d’éviter les erreurs et de limiter les risques de contentieux.

Une attention particulière doit également être portée aux salariés à temps partiel ou percevant des éléments variables de rémunération, car les retenues doivent être recalculées à chaque échéance de paie.

 

Quels risques en cas d’erreur ?

Un employeur qui applique incorrectement une saisie sur salaire s’expose à plusieurs difficultés :

  • contestation du salarié ;
  • mise en cause par le commissaire de justice ;
  • obligation de remboursement des sommes prélevées à tort.

Le non-respect de la fraction insaisissable peut notamment être considéré comme une retenue abusive sur salaire.

Il est donc recommandé de formaliser les contrôles internes et de conserver un suivi précis des montants retenus chaque mois.

L'astuce RH

Une bonne gestion paie repose avant tout sur l’anticipation.
Mieux vaut intégrer immédiatement les nouveaux seuils que devoir corriger plusieurs mois de retenues erronées.

Dans ce contexte, disposer d’outils RH collaboratifs devient un vrai levier de sécurisation.

La revalorisation de la fraction insaisissable au 1er avril 2026 rappelle l’importance d’un suivi rigoureux des règles de paie.
Dans le cadre d’une saisie sur salaire, les employeurs doivent concilier respect du barème légal et protection du revenu minimal du salarié.
Une application correcte de ces règles permet de sécuriser les pratiques et d’éviter tout risque de contentieux.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

La fraction insaisissable correspond à la somme minimale qui doit rester à disposition du salarié lors d’une saisie des rémunérations. Elle est égale au montant forfaitaire du RSA pour une personne seule.

Depuis le 1er avril 2026, elle est fixée à 651,69 € en métropole et dans les DOM hors Mayotte.

Non. Même en cas de paiement direct de pension alimentaire, le salarié doit conserver la fraction insaisissable.

L’employeur applique les retenues après réception de l’acte de saisie, en respectant le barème légal et le montant insaisissable.

Oui. Il évolue selon les revalorisations du RSA décidées par décret.

Article rédigé par

Cécile Derouin

Cécile Dérouin

Avocate et figure incontournable en droit social avec +160 000 abonnés sur LinkedIn, Cécile Derouin rend le droit du travail clair et accessible aux dirigeants et aux professionnels RH à travers ses infographies pédagogiques. CEO de l’Académie RH, organisme de formation certifié Qualiopi, elle vous propose des formations pour sécuriser vos pratiques RH.

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