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Droit à la déconnexion

1 août 2026
photo Droit à la déconnexion staff & go

Droit à la déconnexion : comment le cadrer concrètement dans votre entreprise

Le droit à la déconnexion existe depuis la loi Travail du 8 août 2016 et figure à l’article L.2242-17 du Code du travail. Il s’impose à toutes les entreprises d’au moins 50 salariés, qui doivent en traiter dans le cadre de la négociation annuelle obligatoire (NAO) sur la qualité de vie au travail. En dessous de ce seuil, l’obligation n’est pas formelle… mais la responsabilité de l’employeur, elle, reste pleine et entière sur la santé de ses équipes (article L.4121-1).

Concrètement, cadrer le droit à la déconnexion repose sur trois leviers que vous devez activer.

1. Négocier un accord ou rédiger une charte. À défaut d’accord avec les partenaires sociaux, l’employeur élabore une charte unilatérale après avis du CSE. Ce document doit définir les modalités d’exercice du droit à la déconnexion et prévoir des actions de formation et de sensibilisation. Sans ce document, vous êtes en infraction directe à votre obligation de négocier.

2. Définir des règles claires et opposables. Plages horaires de non-sollicitation (par exemple 20h-7h en semaine, week-ends et jours fériés), gestion des mails pendant les congés, paramétrage des outils numériques, droit explicite du salarié à ne pas répondre hors temps de travail. Ces règles doivent être écrites, diffusées, et c’est là que ça coince souvent appliquées par le management lui-même. Un dirigeant qui envoie ses mails à minuit envoie aussi un signal : la charte n’est qu’un papier.

3. Tracer et prouver. En cas de contentieux prud’homal pour heures supplémentaires non payées ou burn-out, c’est à l’employeur de démontrer qu’il a mis en place des mesures effectives. La Cour de cassation l’a rappelé à plusieurs reprises : la simple existence d’une charte ne suffit pas, encore faut-il prouver qu’elle vit. Le suivi du temps de travail devient ici votre meilleure défense il permet d’objectiver les temps de connexion et d’identifier les dérives avant qu’elles ne deviennent contentieuses Cécile Derouin, avocate, clarifie les règles essentielles à respecter, les sanctions possibles en cas de manquement et les bonnes pratiques à adopter sur le suivi du temps de travail).

Téléchargez notre infographie sur le droit à la déconnexion et protégez la santé de vos équipes.

Les risques en cas d’absence ou d’inefficacité du dispositif ? Un salarié peut réclamer le paiement d’heures supplémentaires correspondant à ses sollicitations hors temps de travail, engager la responsabilité de l’employeur pour manquement à l’obligation de sécurité, voire obtenir la résiliation judiciaire de son contrat aux torts de l’employeur. Les dommages et intérêts grimpent vite, surtout si un arrêt maladie pour épuisement professionnel s’y greffe.

Une notification qui s’éteint à 19h, c’est une obligation légale. Et un risque prud’homal en moins.

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