Congés de fractionnement : définition, calcul et obligations de l’employeur

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Pour de nombreux employeurs, gérer les congés payés est déjà un exercice d’équilibriste. Alors imaginez lorsqu’on ajoute la notion de fractionnement, les choses peuvent vite tourner au vinaigre ! Et on peut dire que le risque d’erreur est bel et bien réel : entre les règles légales trop méconnues, les spécificités des conventions collectives et les différentes attentes des salariés. 

Heureusement, il est tout à fait possible de retourner cette situation à votre avantage avec les bons conseils. 

Alors comment faire en sorte que le congé de fractionnement devienne un levier d’organisation efficace ? Découvrez son cadre légal, ses modalités de calcul et bien sûr, vos obligations en tant qu’employeur ! 

Jours de fractionnement des congés payés : définition et cadre

Avant de plonger dans les chiffres et calculs, commençons par poser les bases juridiques. Les jours de congés supplémentaires liés au fractionnement ne sont pas un avantage accordé par l’employeur. Ils s’inscrivent pleinement dans le Code du travail.

Définition selon le Code du travail

Le congé de fractionnement représente des jours de congés payés supplémentaires, accordés au salarié lorsque son congé principal n’a pas été pris intégralement pendant la période légale. 

En clair, si un salarié prend une partie de ses congés payés en dehors de la période légale, des jours de congés supplémentaires peuvent s’ajouter à son compteur. La seule condition étant que le salarié n’ait pas renoncé à ce droit. 

Ce droit est prévu par l’article L3141-23 du Code du travail, qui encadre précisément les conditions d’attribution.

Période légale des congés principaux (1er mai au 31 octobre)

Il faut savoir que la loi distingue clairement deux notions :

  • La période de prise des congés payés ; 
  • La période légale du congé principal. 

La période légale du congé principal s’étend du 1er mai au 31 octobre de chaque année. C’est sur cette base que s’apprécie le fractionnement.

Si un salarié ne prend pas au moins 12 jours ouvrables consécutifs pendant cette période, la question du fractionnement se pose alors automatiquement !

Conditions d’attribution des jours supplémentaires

Le nombre de jours de fractionnement dépend du nombre de congés pris en dehors de la période légale : 

  • si le salarié prend entre 3 et 5 jours ouvrables hors période, il a droit à 1 jour ouvrable supplémentaire ; 
  • s’il en prend au moins 6 jours ouvrables, il a droit à 2 jours ouvrables supplémentaires.

Encore une fois, ces droits s’appliquent sauf en cas de renonciation expresse du salarié, selon les conditions prévues par la loi ou par un accord collectif. 

Distinction entre jours ouvrables et jours ouvrés

Sauf disposition conventionnelle contraire, le fractionnement s’exprime en jours ouvrables (comme pour les congés payés classiques). 

Cela signifie que le calcul se base sur une semaine de 6 jours (du lundi au samedi), même si l’entreprise fonctionne en jours ouvrés.

Beaucoup d’erreurs proviennent d’un mélange entre jours ouvrés et ouvrables ! Afin d’éviter les écarts, assurez un paramétrage clair dès le départ dans vos outils RH.

 

Calcul des jours de fractionnement

Passons à la partie sensible : le calcul des congés de fractionnement. En effet, c’est souvent sur ce point que les incompréhensions apparaissent, tant du côté employeur que du côté salarié. 

Méthode selon le nombre de jours pris hors période légale

Le calcul repose pourtant sur une question simple : combien de jours du congé principal sont pris hors période légale (1er mai – 31 octobre) ? 

Attention, seuls les jours issus des 4 premières semaines de congés sont pris en compte pour le calcul. Dès lors :

  • Moins de 3 jours hors période : aucun droit au fractionnement ; 
  • Entre 3 et 5 jours : 1 jour de fractionnement ;

6 jours ou plus : 2 jours de fractionnement.

Mise en garde : inclure la 5ème semaine dans le calcul est une erreur classique ! Et juridiquement, c’est sanctionnable.

Exemples pratiques de calcul

Prenons un cas concret pour bien comprendre.

Sophie est chargée de clientèle. Elle dispose de 25 jours ouvrables de congés payés.
Elle prend : 

  • 15 jours entre juin et août ;
  • 5 jours en novembre ;
  • 5 jours correspondant à la 5e semaine.

Les 5 jours pris en novembre relèvent du congé principal hors période légale.
Résultat : Sophie a droit à 1 jour ouvrable de congé de fractionnement.

Analyse : Sur les 24 jours du congé principal, Sophie en prend :

  • 15 jours pendant la période légale
  • 5 jours hors période légale (novembre)

La 5ᵉ semaine est neutralisée et ne compte pas dans le calcul. 

Sophie prend entre 3 et 5 jours de congé principal hors période légale

Exemple 2 : Vincent, technicien, prend 8 jours de congé principal en janvier, en dehors de la période légale. 

  • Ces 8 jours font partie du congé principal 
  • Ils sont pris intégralement hors période légale ;
  • Le seuil des 6 jours hors période légale est dépassé.

Vincent bénéficie donc du maximum : 2 jours ouvrables de congé de fractionnement.

Cas particuliers : conventions collectives spécifiques

Il existe des règles plus favorables que le Code du travail, prévues par certaines conventions collectives.  

C’est notamment le cas de la convention Syntec, qui a la possibilité d’aménager les modalités de prise des congés, et du secteur BTP, car la gestion via les caisses de congés payés modifie les pratiques. 

Dans ces situations, conformément à l’article L2251-1 du Code du travail, c’est la disposition la plus favorable au salarié qui prévaut ! 

Règles applicables dans la fonction publique

Le régime du fractionnement existe aussi dans la fonction publique. Il est régi spécifiquement selon les statuts. 

Si les principes sont similaires, les modalités d’attribution et de calcul peuvent être différentes selon la fonction publique d’État, territoriale ou hospitalière. 

Ressource utile : créer un simulateur

Face à ces règles complexes, de plus en plus d’entreprises choisissent d’intégrer des simulateurs de congés à leurs outils RH. Cela permet d’anticiper les droits et d’éviter les erreurs. 

L'astuce RH

Pour justifier vos décisions en cas de contrôle, pensez à bien documenter vos calculs ! 

Tableau, outil RH, historique des prises.

Pour aller plus loin, un logiciel de gestion des congés et absences centralise les demandes, automatise les calculs des soldes et sécurise vos processus : une organisation sans faille. 

 

Conditions d’éligibilité des salariés

Le droit au fractionnement dépend avant tout de la situation du salarié, pas de son statut. 

Critères d’acquisition des jours de fractionnement

Dès lors qu’ils remplissent les conditions de prise hors période, les salariés en CDD, en CDI, à temps plein ou partiel peuvent prétendre au congé de fractionnement

Impact des absences (maladie, maternité)

Certaines absences n’annulent pas automatiquement le droit au fractionnement (maladie professionnelle, maternité, etc.). 

Elles sont donc assimilées à du temps de travail effectif pour l’acquisition des congés. 

Point de vigilance :
Un salarié arrivé en cours d’année peut bénéficier du fractionnement s’il remplit les conditions.

 

Obligations de l’employeur liées au congé de fractionnement

C’est ici que le risque juridique est le plus fort ! 

Devoir d’information et transparence

En tant qu’employeur, vous devez :

  1. Informer les salariés des règles applicables ;
  2. Être en mesure d’expliquer les calculs.

Mention sur le bulletin de paie

Les jours de fractionnement doivent apparaître clairement : 

  • Soit sur la fiche de paie ; 
  • Soit dans les compteurs de congés accessibles aux salariés. 

Risques juridiques en cas de non-respect

En cas d’erreur, voici les risques pour l’entreprise : 

  • Rappel de congés ; 
  • Dommages et intérêts ;
  • Redressement en cas de contrôle.
L’absence de preuve de renonciation joue toujours en faveur du salarié !

Gestion RH : outils et bonnes pratiques

Bien gérer le congé de fractionnement, c’est une question d’organisation et de fluidité RH ! 

Quand les règles deviennent complexes, l’automatisation s’impose comme un vrai levier de sécurité. 

Gérer les demandes de congés, suivre les soldes ou encore transférer les validations à la paie… tout cela demande du boulot et peut entraîner des erreurs. C’est là qu’un outil RH moderne fait vraiment la différence. 

Avec le module Congés et absences de Staff & Go, centralisez les demandes, automatisez les validations et synchronisez les données avec votre logiciel de paie en un clic. Résultat : moins d’écarts et du temps précieux de gagné pour les RH ! 

 

Une solution de communication interne et de gestion RH centralisée facilite aussi la transmission d’information et la preuve de diffusion des règles. 

Renonciation aux jours de fractionnement

Pour que la renonciation soit valide, elle doit être : 

  • Claire ; 
  • Expresse ; 
  • Écrite ; 
  • Antérieure à la prise de congés.

Erreur fréquente : une clause générale dans le contrat de travail ne suffit pas obligatoirement à prouver une renonciation valable.

Impact du fractionnement sur la politique RH et la QVT

Bien compris et bien intégré dans vos pratiques, le fractionnement des congés est un outil de pilotage RH puissant. Il permet en effet une répartition plus équilibrée des absences : 

  1. en incitant à étaler les prises de congés sur l’année ; 
  2. en évitant à vos équipes d’être sous tension pendant les périodes de forte activité. 

Vous l’avez compris, cette organisation plus souple vous aide à anticiper les pics et à mieux planifier les remplacements. 


Et en prime, vous bénéficiez d’une politique de congés lisible et équitable ! Résultat : moins de frustrations, un climat social plus serein et propice à l’épanouissement de vos talents.

L'astuce RH

Pour la confiance des salariés, une politique de congés claire et homogène est juste indispensable !

FAQ - Ce qu'il faut retenir

Il correspond à des jours de congés payés supplémentaires accordés lorsque le salarié prend une partie de son congé principal en dehors de la période légale.

Le salarié peut bénéficier d’1 jour supplémentaire s’il prend entre 3 et 5 jours en dehors de la période légale, et de 2 jours s’il en prend au moins 6 (hors 5ᵉ semaine).

Oui, du moment que les conditions sont remplies : CDI, CDD, temps plein ou temps partiel. Le droit ne dépend pas du statut mais des congés pris.

Informer les salariés, calculer correctement les droits, faire apparaître les jours sur les compteurs ou le bulletin de paie et, pour se protéger, conserver la preuve d’une éventuelle renonciation.

Oui, les jours acquis mais non pris doivent être indemnisés lors du solde de tout compte, comme les congés payés classiques.

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Article rédigé par

La Team Staff & Go

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