Chaleur au travail : obligations de l’employeur et droit de retrait en période de canicule

Chaleur au travail & droit de retrait

Retrouvez les nouvelles obligations pour les employeurs et les bons réflexes à adopter pour vos salariés.

Sommaire

Quand la température grimpe au bureau ou sur le chantier, il devient difficile voire dangereux de travailler dans cette situation. Le droit de retrait en cas de chaleur au travail, c’est le droit, pour un employé, de quitter son poste s’il estime que les conditions présentent un danger grave et imminent pour sa santé ou sa sécurité. Et avec les vagues de chaleur de plus en plus fréquentes, ce n’est plus une hypothèse théorique, mais une réalité juridique à maîtriser — pour les RH, les managers, et tous les employeurs.

Et pendant que vos équipes tentent de survivre à coups de ventilateurs USB, la réglementation, elle, ne prend pas de vacances. En 2024, la chaleur a causé plus de 3 700 décès, selon Santé publique France. Et si vous pensiez que ce chiffre n’avait rien à voir avec votre entreprise… spoiler alerte : la loi, elle, vous regarde de très près, car il en va de la santé et de la vie de vos salariés.

Dès le 1er juillet 2025, de nouvelles obligations tombent pour les employeurs : évaluation du risque thermique, ventilation des locaux, litres d’eau à fournir, droit de retrait à respecter. 

Et si ce jargon vous donne déjà chaud : restez avec nous, on vous explique ce que vous devez mettre en place pour éviter les litiges, protéger vos salariés (et vos RH), et passer l’été au frais — sans sueurs froides côté juridique.

Droit de retrait : quand vos salariés décident que la chaleur, c’est non

“Franchement, à ce stade, ce n’est plus un bureau… c’est un sauna en open space.”

Damien, le graphiste, aperçoit 33 °C sur le thermomètre. L’ordi surchauffe, les nerfs aussi. Et là, il lâche la bombe : “Je me mets en droit de retrait, c’est légal.”

Et vous ? Vous savez comment gérer cette situation ?

Le Code du travail (art. L.4131-1) dit que le droit de retrait, c’est la possibilité pour un salarié de quitter son poste ou refuser de l’occuper, s’il pense que sa situation de travail présente un danger grave et imminent pour sa santé ou sa vie.

Et ce n’est pas à l’employeur de juger “s’il exagère” ou non. Ce qui importe, c’est que l’employé ait des raisons raisonnables de penser qu’il est en danger.

Le droit de retrait s’applique dans tout contexte présentant un danger grave et imminent pour l’employé. Les périodes de chaleur intense en font partie

Pour que ce droit soit légitime, trois conditions doivent être respectées : 

  • L’employé informe son employeur de la problématique (avant ou pendant l’exercice du droit)
  • Il dispose d’un motif raisonnable de penser qu’il est en danger grave et imminent
  • Son retrait ne met pas les autres en péril (exemple : abandonner un poste critique sans relais)

Employeurs, si le droit de retrait est justifié, vous ne pouvez 

  • Ni le sanctionner,
  • Ni faire une retenue sur salaire,
  • Ni l’obliger à reprendre le travail tant que la menace n’a pas disparu.

Évaluer le risque chaleur : seuils et recommandations officielles

Pas besoin d’attendre la chaleur extrême pour réagir : la chaleur au travail peut vite devenir un vrai facteur de vulnérabilité — physique, juridique, organisationnel.

Et pourtant… Il n’existe aucune température maximale légale fixée dans le Code du travail pour interrompre l’activité. (Idem en cas de froid extrême)

Alors, comment savoir quand il est temps d’agir ? Pas d’impro : on suit les repères officiels.

L’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité) recommande une vigilance renforcée dès :

  • 30 °C pour un travail sédentaire (en bureau, devant un ordi)
  • 28 °C pour un travail physique (BTP, logistique, cuisine, etc.)

Au-delà, l’exposition à la chaleur devient un enjeu professionnel reconnu, au même titre qu’un risque chimique ou mécanique.

Et les signaux d’alerte ? Vous les connaissez déjà :

  • Chute de concentration, fatigue accrue
  • Accidents du travail
  • Fièvre, migraines, nausées
  • Crampes musculaires
  • Déshydratation, voire coup de chaleur

Si ces symptômes apparaissent, vos collaborateurs peuvent faire valoir leur droit de retrait. Et vous, RH ou manager, devez être en capacité de l’encadrer.

Mais ce n’est pas tout. À partir du 1er juillet 2025, les nouvelles obligations météo-sanitaires s’imposent à toutes les entreprises.

Un arrêté publié le 27 mai 2025 établit 4 niveaux de vigilance chaleur :

Niveau de vigilance

Description

Conséquences / Actions recommandées

Vert

RAS, c’est l’été

Simple veille saisonnière. Pas de mesure spécifique.

Jaune

Pic de chaleur (1 à 2 jours)

Risque sanitaire léger mais réel. Premières mesures de prévention.

Orange

Chaleurs persistantes (plusieurs jours d’affilée)

Risques sérieux pour la santé. Activation de plans d’actions renforcés.

Rouge

Chaleurs extrêmes

Danger sanitaire majeur. Possible arrêt d’activité dans certains secteurs.

  • Les seuils jaune, orange et rouge = épisode de chaleur intense
  • Les niveaux orange et rouge déclenchent l’indemnisation automatique des arrêts de travail dans le secteur du bâtiment

En cas de non-respect, vous risquez : 

  • une amende pouvant aller jusqu’à 10 000€ par salarié et jusqu’à 30 000€ en cas de récidive
  • une mise en demeure par l’inspection du travail de se conformer aux obligations sous 8 jours
  • une condamnation à verser des dommages et intérêts

Alors si vous n’avez pas encore anticipé, c’est le moment de rafraîchir votre DUERP, vos consignes internes et vos procédures RH. Parce qu’en 2025, l’impro n’est plus une option.

Responsabilités de l’employeur en prévention des risques thermiques

Canicule ou pas, la loi ne prend pas de vacances. 

Si l’un de vos travailleurs décide de quitter son bureau en invoquant un droit de retrait, ce n’est pas un caprice. C’est un droit fondamental, garanti par le Code du travail. Et tant que le danger grave et imminent persiste — ici, une température trop élevée mettant sa santé et sa vie en jeu — vous ne pouvez ni le sanctionner, ni suspendre son salaire, ni exiger qu’il reprenne le boulot. 

En clair, en tant qu’employeur, vous avez une triple responsabilité : 

  • prévenir
  • protéger
  • et adapter

Ça commence dès l’évaluation des facteurs critiques. Oui, même si c’est “juste quelques jours de chaleur”. L’article L.4121-1 du Code du travail vous oblige à analyser les conditions de travail en tenant compte des températures, et à prendre les mesures nécessaires pour sécuriser vos équipes. 

Informer vos collaborateurs, aménager les postes, anticiper les températures extrêmes… ce n’est plus une option, c’est un devoir.

Et concrètement, ça passe aussi par la ventilation. Selon l’article R.4222-1, l’air des locaux doit être renouvelé suffisamment pour éviter toute élévation excessive de température. En cas de panne ou de défaillance, vous devez avoir un plan clair et l’afficher noir sur blanc. On ne se contente pas d’ouvrir une fenêtre.

Autre point essentiel : l’eau potable fraîche. Oui, ça peut sembler évident, mais c’est une obligation légale. Vous devez en fournir à tous vos travailleurs. Pas une fontaine pour cinquante personnes, non : trois litres d’eau par jour et par travailleur, si vous n’avez pas d’eau courante. Et si le travail impose une hydratation fréquente — bâtiment, logistique, cuisine — vous êtes aussi tenu de proposer gratuitement une boisson non alcoolisée.

Et on ne parle même pas encore de ce qui arrive dès juillet 2025… Le décret du 27 mai vient renforcer les exigences. 

Si vous avez déjà une politique RH réactive, tant mieux. Sinon, il va falloir l’accélérer. À partir du 1ᵉʳ juillet, vous devrez : 

  • Réduire l’exposition à la température élevée en adaptant les procédés, l’aménagement des postes et l’organisation du travail.
  • Installer des moyens techniques (ventilation, brumisation...)
  • Fournir de l’eau fraîche, des équipements adaptés et des protections individuelles.
  • Informer et former les travailleurs sur les dangers et les bonnes pratiques.

Pour plus de détails, consultez l’article suivant : Réglementation du travail -Chaleur : de nouvelles obligations pour l’employeur | Entreprendre.Service-Public.fr

Bref, la prévention des risques thermiques devient un pilier de la stratégie RH. Et entre nous, mieux vaut investir dans un bon système de ventilation maintenant… que d’expliquer plus tard à l’inspection du travail pourquoi vous ne l’avez pas fait.

Besoin d’un coup d’œil rapide pour rester dans les clous ?

Voici l’infographie (Fiche 1) qu’on vous a concoctée pour faire le point sur vos nouvelles obligations en période de fortes chaleurs (valables dès le 1ᵉʳ juillet 2025) : 

Infographie : forte chaleur au travail

Téléchargez notre infographie pour un récapitulatif complet sur  les nouvelles obligations des employeurs.

Infographie - Droit de retrait en cas de canicule au travail

Gérer le droit de retrait : quand la chaleur devient un risque réel

En cas de demande de droit de retrait par un salarié, l’entreprise doit garder la tête froide (même quand le thermomètre s’affole). Le droit de retrait est légal dès lors qu’un employé a un motif raisonnable de penser que ses conditions de travail présentent un danger grave et imminent pour sa santé. Et la chaleur peut en faire partie.

Mais attention : on parle bien ici de cas critique, pas juste d’un petit coup de chaud.

Pour savoir si ce droit est légitime, le juge évalue au cas par cas :

  • la température dans les locaux (et pas seulement dehors)
  • la qualité de la ventilation
  • la disponibilité de boissons fraîches
  • et la nature physique de la position de travail occupé

Si l’open space grimpe à 33°C, que la climatisation est en panne et qu’aucune mesure n’a été prise malgré les alertes… le droit de retrait est justifié.

Concrètement, que faire en tant qu’employeur ?

Si un salarié vous informe qu’il quitte son poste pour cause de forte chaleur, ne minimisez pas. Demandez-lui de formaliser par écrit (un mail ou un courrier avec accusé, c’est parfait), et analysez immédiatement la situation. L’employé peut aussi en parler au Comité social et économique (CSE), ou même alerter l’inspection du travail. Vous devez avoir une disposition claire pour gérer ces alertes.

Et tant que l’incertitude n’est pas levée, vous ne pouvez pas lui demander de revenir. C’est la règle.

Pas de mauvaise surprise sur la fiche de paie non plus : aucune retenue de salaire n’est autorisée si le droit de retrait est exercé de façon légitime. En revanche, s’il s’avère infondé (ce qui reste rare, mais possible), une retenue peut être opérée.

 Tout salarié qui a le sentiment que son lieu de travail, que ce soit en bureau ou en extérieur, est trop chaud ou trop froid peut :

  • Vous alertez directement pour ajuster les conditions
  • Demander un point au CSE
  • Solliciter le médecin du travail pour une évaluation
  • Prévenir l’inspection du travail si rien ne bouge

Vous l’avez compris : en période de forte chaleur, mieux vaut prévenir que courir après les urgences RH. Et si vous anticipez bien, personne n’aura besoin de quitter son lieu de travail pour sauver sa peau.

Anticiper les situations à risque : plan d’actions RH

Pour éviter de gérer un droit de retrait dans la panique ou de voir vos équipes s’effondrer au bord du burn-out thermique, mieux vaut avoir un plan solide. Un plan canicule RH, c’est votre meilleur allié pour anticiper, protéger et piloter avec sang-froid.

Premier réflexe à adopter, former vos managers à détecter les signaux faibles. Ce sont eux qui sont au plus près du terrain. Fatigue inhabituelle, baisse de concentration, irritabilité ou simple “coup de chaud” ? Un manager formé saura agir vite, et surtout bien.

Ensuite, il est essentiel de mettre en place un plan canicule RH clair et opérationnel. Ce document interne doit recenser : 

  • Les niveaux d’alerte météo
  • Les actions à déclencher
  • Les interlocuteurs à contacter
  • Et les moyens mobilisables dans l’entreprise (ventilateurs, horaires aménagés…).

Il doit être partagé à l’ensemble des équipes avant l’arrivée des fortes chaleurs.

Infographie : forte chaleur au travail

Pour vous simplifier la vie, on vous a préparé une fiche à imprimer sur les précautions à prendre pour vos salariés et à afficher dans vos locaux. Un mémo visuel pour éviter les oublis quand la température monte.

Infographie - Forte chaleur au travail - les bons réflexes à adopter pour les salariés

Enfin, pensez souplesse. Oui, même dans les contrats ! Les vagues de chaleur appellent des adaptations concrètes : 

  • Mise en place de télétravail,
  • Horaires décalés,
  • Pause prolongée,
  • Ou même arrêt temporaire des travaux ou de l’activité si besoin.

Il ne s’agit pas de bouleverser tout l’organigramme, mais d’anticiper les ajustements possibles avec des avenants bien rédigés. Mieux vaut prévenir que transpirer.

Encadrer la communication en période de forte chaleur

En période de canicule, le manque de communication peut coûter cher.

Car si vous ne prévenez pas vos équipes clairement et en amont, vos travailleurs peuvent tout à fait saisir :

  • L’inspection du travail
  • Le CSE
  • Ou leur représentant du personnel

Et on ne parle pas d’un simple rappel à l’ordre, mais potentiellement de sanctions administratives ou judiciaires.

En tant qu’employeur, vous avez l’obligation de communiquer les mesures de prévention : ce n’est pas juste une formalité, c’est une question de santé, de sécurité et de conformité légale.

Heureusement, vous n’êtes pas seul. Des solutions comme Staff & Go avec son module de Communication interne vous permettent de :

  • Diffuser les consignes à tous vos salariés, sans qu’un mot ne se perde en route
  • Recueillir les alertes
  • Organiser les ajustements collectifs : horaires adaptés, télétravail, pauses plus fréquentes…

Un outil RH qui vous suit même sous 38 °C à l’ombre ? On dit oui.

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Canicule au boulot : zoom sur les secteurs qui trinquent le plus

Pas de clim’, pas d’ombre, et un marteau-piqueur à la main : bienvenue sur un chantier en plein mois d’août. On le sait, certains métiers sont en première ligne quand le thermomètre explose. Et côté employeurs, le droit ne laisse aucune place à l’improvisation.

Que ce soit sur un toit, en cuisine, dans un champ ou à la chaîne, les salariés exposés au soleil, à la chaleur ambiante ou à l’absence d’aération méritent une attention toute particulière.

Dans le BTP, par exemple, l’article R4225-1 du Code du travail est formel :

L’employeur doit protéger les travailleurs contre les conditions atmosphériques extrêmes.

Concrètement, cela veut dire :

  • Fournir au moins 3 litres d’eau par jour et par salarié ;
  • Mettre à disposition une boisson non alcoolisée gratuite quand les efforts physiques imposent une hydratation régulière ;
  • Envisager le recours au chômage partiel si la chaleur devient intenable et que l’activité physique reste soutenue.

Lorsqu’une vigilance rouge est déclenchée par Météo France, l’employeur du secteur BTP (ou autre secteur exposé) doit :

  • Réévaluer les menaces quotidiennement (température, état de santé des salariés, nature des tâches) ;
  • Réorganiser le travail : décaler les horaires, alléger les charges
  • Adapter les mesures aux personnes vulnérables : salariés âgés, en situation de handicap ou femmes enceintes ;
  • Et dans certains cas, suspendre l’activité, notamment sur les chantiers en toiture ou en plein soleil.

Si ces précautions ne sont pas prises, les salariés peuvent légalement exercer leur droit de retrait. Et là, pas question de discuter.

Même si vous êtes une petite entreprise ou un sous-traitant, vous restez pleinement responsable de vos équipes. Renseignez-vous auprès des autorités locales, des recommandations de branche, ou consultez le Plan National Canicule. Le but : anticiper pour ne pas subir.

Zoom sur

L'essentiel

  • Le droit de retrait s’applique en cas de danger grave et imminent lié à la chaleur (pas de sanction possible si l’employé quitte son poste pour sa santé).
  • Pas de température maximale dans la loi, mais au-delà de 28 °C (physique) ou 30 °C (sédentaire), vigilance requise.
  • Dès le 1ᵉʳ juillet 2025, nouvelles obligations : eau (3L/j/travailleur), ventilation, adaptation des postes, information des salariés.
  • Communiquez, anticipez, adaptez. Un plan canicule RH + Staff & Go = zéro litige, zéro sueur froide côté juridique.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

Il n’existe aucune température maximale légale, mais l’employeur doit protéger la santé des salariés : eau potable, ventilation, pauses, horaires adaptés… Le salarié doit informer l’employeur avant d’exercer son droit de retrait, qui est protégé par la loi sans sanction ni retenue de salaire si la menace est réel.

Les RH et employeurs doivent donc évaluer les risques au cas par cas et agir en prévention.

À partir du 1er juillet 2025, les employeurs devront respecter de nouvelles obligations pour prévenir les menaces liées à la chaleur, selon le décret du 27 mai 2025. Dès le niveau de vigilance jaune de Météo-France, ils devront :

  • Adapter l’organisation du travail (horaires, pauses, aménagements), 
  • Limiter l’exposition à la chaleur, 
  • Fournir des équipements de protection, 
  • Et garantir un accès suffisant à de l’eau potable fraîche (au moins 3 litres/jour/travailleur en l’absence d’eau courante).

Des moyens techniques (brumisateurs, pare-soleil, ventilateurs…) devront également être mis en place pour réduire la température sur les lieux de travail. Enfin, les salariés devront être informés et formés sur les risques et les bonnes pratiques à adopter en cas de fortes chaleurs.

Un salarié ne peut pas s’absenter uniquement parce qu’il fait chaud, mais il peut exercer son droit de retrait si la chaleur représente un danger grave et imminent pour sa santé (ex. : coup de chaleur, malaise).

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Article rédigé par

La Team Staff & Go

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L'essentiel à savoir pour les employeurs et salariés

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