Déclaration annuelle des emplois de travailleurs handicapés (DOETH)

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La DOETH n’est pas le sujet le plus visible dans un agenda RH. Et pourtant, elle engage l’employeur sur des points très concrets : conformité légale, fiabilité des données sociales, contribution financière. Des sujets où l’à-peu-près n’a clairement pas sa place. Effectifs, bénéficiaires de l’obligation d’emploi, DSN : tout est interconnecté. Un statut mal qualifié, un paramétrage laissé par défaut ou un chiffre jamais revérifié… et la déclaration peut rapidement produire un résultat à côté de la réalité. Avec, à la clé, une contribution qui n’avait rien d’inévitable. L’objectif de cet article ? Vous aider à comprendre concrètement la DOETH, sécuriser vos déclarations et piloter ce sujet RH en toute sérénité, sans risque juridique ni mauvaise surprise financière.

La DOETH est une obligation annuelle qui concerne les employeurs d’au moins 20 salariés et repose sur des règles précises de calcul et de déclaration via la DSN. Une mauvaise qualification ou un paramétrage approximatif peut entraîner des erreurs coûteuses.

La DOETH : ce que la loi impose aux employeurs

À quoi correspond la DOETH ?

La DOETH, pour Déclaration obligatoire d’emploi des travailleurs handicapés, n’est pas une ligne de plus dans la to-do RH du printemps. C’est la traduction concrète d’une obligation légale posée par le Code du travail : toute entreprise d’au moins 20 salariés doit employer des personnes en situation de handicap à hauteur de 6 % de son effectif (articles L.5212-1 et suivants).

Sur le terrain, la DOETH sert à une chose très simple : objectiver votre situation réelle. Combien de salariés ? Combien de bénéficiaires de l’obligation d’emploi ? Quelles actions menées ? Faut-il verser une contribution… ou non ? Rien de théorique ici : ce sont des données RH, de paie et d’effectifs, déjà bien connues.

Depuis la réforme de 2020, la DOETH est intégrée à la Déclaration sociale nominative. Autrement dit : pas de formulaire à part, pas de déclaration « manuelle ». Ce que vous déclarez mois après mois alimente automatiquement la déclaration annuelle. Pratique, oui. À condition que les paramétrages soient justes.

Quelles entreprises sont concernées par la DOETH ?

Depuis 2020, l’assujettissement à l’OETH repose sur un principe de lissage dans le temps. Une entreprise devient concernée lorsqu’elle atteint le seuil de 20 salariés pendant cinq années civiles consécutives (CSS, art. L. 130- 1). 

Mais heureusement, le législateur a pensé à tout ! Si votre entreprise passe sous le seuil des 20 salariés, vous n’êtes plus assujetti l’année d’après.

Autre point clé, souvent sous-estimé : l’obligation s’apprécie au niveau de l’entreprise, et non établissement par établissement. Plusieurs sites, plusieurs agences, une seule personne morale ? Les effectifs sont agrégés. Pas de découpage possible pour « passer sous le radar ».

Et les entreprises de moins de 20 salariés ? Elles ne sont pas redevables de la contribution, mais doivent tout de même déclarer mensuellement le statut de travailleur handicapé de leurs salariés via la DSN. Une formalité aujourd’hui… qui peut devenir structurante demain si l’effectif évolue.

Comment compter le nombre de salariés de l’entreprise ?

Sur le plan technique, l’effectif d’assujettissement à la DOETH est calculé à partir des données issues de la DSN. Il correspond à l’effectif moyen annuel, déterminé selon les règles de l’article L.130-1 du Code de la sécurité sociale.

Vous commencez à paniquer ? Pas d’inquiétude ! L’URSSAF vous met à disposition toutes les données dont vous avez besoin avant le 15 mars ! En clair : sont pris en compte les salariés titulaires d’un contrat de travail et rémunérés, quels que soient leur temps de travail ou la nature du contrat (CDI, CDD, temps partiel…).

À l’inverse, certains profils sont exclus comme les intérimaires (comptabilisés chez l’entreprise de travail temporaire), les apprentis, les contrats aidés ou encore les stagiaires. 

Ce premier effectif a un seul rôle : dire si la DOETH s’applique ou non à votre entreprise.

  • Si la réponse est non, vous sortez du champ de l’obligation (tout en restant soumis à la déclaration mensuelle du statut BOETH en DSN).
  • Si la réponse est oui, alors seulement commence la deuxième étape : le calcul du nombre de bénéficiaires à déclarer et, le cas échéant, de la contribution.

Calculer et déclarer la DOETH en pratique

Comment calculer le nombre de bénéficiaires à déclarer ?

Le point de départ est toujours le même : l’effectif servant de base au quota de 6 %.

C’est cet effectif qui permet de déterminer le nombre légal de bénéficiaires de l’obligation d’emploi que l’entreprise doit atteindre.

La méthode est simple, et strictement encadrée par le Code du travail (art. L.5212—2 et D.5212-2) :

  • Vous prenez l’effectif de référence transmis via la DSN.
  • Vous appliquez le taux légal de 6 %.
  • Le résultat est arrondi à l’entier inférieur.

Ce chiffre correspond au nombre théorique de bénéficiaires à employer.

C’est lui qui servira de base pour mesurer l’écart éventuel… et calculer la contribution si le quota n’est pas atteint.

Quels salariés peuvent être comptabilisés au titre de la DOETH ?

Deuxième étape clé : identifier qui peut réellement être comptabilisé comme bénéficiaire. Et ici, mieux vaut être rigoureux : la DOETH ne repose pas sur une appréciation RH, mais sur une liste légale.

Sont notamment reconnus comme bénéficiaires de l’obligation d’emploi (art. L.5212—6 et L.5212-13 du Code du travail) :

  • les salariés titulaires d’une reconnaissance de la qualité de travailleur handicapé (RQTH) délivrée par la CDAPH ;
  • les titulaires d’une pension d’invalidité réduisant d’au moins deux tiers la capacité de travail ou de gain ;
  • les victimes d’accident du travail ou de maladie professionnelle avec une incapacité permanente d’au moins 10 % ;
  • les titulaires de l’allocation aux adultes handicapés (AAH) ;
  • les titulaires de la carte mobilité inclusion mention invalidité ;
  • certaines catégories spécifiques (invalides de guerre, victimes d’actes de terrorisme, sapeurs-pompiers volontaires indemnisés, etc.).

Et si le salarié est un stagiaire, un apprenti ou un intérimaire ?

Peu importe la nature du contrat : CDI, CDD, intérim, stage peuvent être pris en compte, dès lors que le statut BOETH est juridiquement établi. Pensez donc à récupérer les justificatifs adéquats lors de l’embauche de vos apprentis et autres travailleurs !

Vous avez un doute sur l’éligibilité d’un salarié ? Vous pouvez sécuriser votre position en sollicitant un rescrit social auprès de l’Urssaf. La réponse est écrite et opposable.

Déclarer la DOETH sans erreur

Où et quand effectuer la déclaration DOETH ?

Depuis la réforme entrée en vigueur en 2020, la DOETH est intégrée à la Déclaration sociale nominative. Concrètement, il n’y a aucun formulaire spécifique à transmettre séparément.

La déclaration annuelle DOETH se fait :

  • dans la DSN d’avril,
  • exigible le 5 ou le 15 mai, selon l’effectif de l’entreprise,
  • au titre de l’année précédente.

Par exemple : la DOETH 2025 est déclarée via la DSN d’avril 2026.

Comment remplir la DOETH dans la DSN ?

C’est ici que le sujet devient très opérationnel. Bonne nouvelle : une grande partie des données est déjà connue de l’administration, car elle repose sur les DSN mensuelles transmises tout au long de l’année.

Dans les faits :

  1. l’Urssaf calcule l’effectif d’assujettissement ;
  2. elle détermine le nombre de bénéficiaires de l’obligation d’emploi à atteindre ;
  3. elle consolide les BOETH déjà déclarés mensuellement.

Le rôle de l’employeur consiste alors à :

  • Vérifier les effectifs communiqués (et les corriger si nécessaire via les blocs de régularisation DSN) ;
  • Compléter les blocs spécifiques à la DOETH ;
  • Valider la déclaration et, le cas échéant, déclarer le montant de la contribution due.

Les erreurs les plus fréquentes à éviter

Erreur fréquente Pourquoi c’est un problème
Penser qu’il n’y a rien à déclarer quand aucune contribution n’est due Même si le quota de 6 % est atteint, la DOETH reste obligatoire. L’absence de déclaration peut entraîner une pénalité.
Mal qualifier le statut BOETH d’un salarié Un justificatif expiré ou non valable au 31 décembre de l’année de référence entraîne l’exclusion du salarié du décompte.
Oublier la valorisation des salariés BOETH de 50 ans et plus La majoration à 1,5 unité n’est pas automatique. Mal appliquée, elle fausse le calcul des bénéficiaires manquants.
Confondre déclaration et calcul La DSN sert à déclarer, pas à calculer. Les calculs doivent être sécurisés en amont, sur la base des règles légales.
Corriger la déclaration trop tard Tant que la campagne est ouverte, les corrections sont simples. Après clôture, elles deviennent formelles et plus risquées.
Se fier uniquement à l’intuition terrain En matière de DOETH, seule la donnée sociale déclarée en DSN fait foi, pas l’organisation réelle perçue.

 

L’impact de la DOETH sur les obligations et les coûts de l’entreprise

Comment est calculée la contribution financière ?

La contribution DOETH intervient uniquement lorsque l’entreprise assujettie n’atteint pas le seuil légal de 6 % de bénéficiaires de l’obligation d’emploi.

Le principe est simple, même si le calcul demande de la précision :

  • On détermine le nombre légal de bénéficiaires à employer : 6 % de l’effectif de référence, arrondi à l’entier inférieur.
  • On calcule le nombre de bénéficiaires manquants : différence entre le quota légal et les BOETH effectivement déclarés.
  • On applique la formule suivante :

Nombre de bénéficiaires manquants × coefficient × SMIC horaire brut au 31 décembre de l’année concernée

Le coefficient dépend de la taille de l’entreprise (art. D.5212—20) :

  • 400 pour les entreprises de 20 à moins de 250 salariés
  • 500 pour celles de 250 à moins de 750 salariés
  • 600 au-delà

La contribution est ensuite déclarée et recouvrée via la DSN, puis reversée à l’Agefiph par l’Urssaf.

Quelles dépenses peuvent réduire la contribution

Bonne nouvelle : la contribution n’est pas figée. Le législateur a prévu plusieurs mécanismes de réduction, à condition que les dépenses soient réelles, justifiées et correctement déclarées.

Parmi les principaux leviers :

  • La sous-traitance auprès du secteur protégé et adapté : contrats conclus avec des EA, ESAT ou travailleurs indépendants handicapés.
  • Les dépenses favorisant l’emploi et le maintien dans l’emploi : travaux d’accessibilité, aménagements de postes, actions de maintien ou de reconversion professionnelle, sous conditions strictes (art. D.5212—23).
  • Certaines actions de sensibilisation ou d’accompagnement : là encore, uniquement si elles entrent dans les catégories prévues par les textes.
Toutes les dépenses doivent être payées sur l’année de référence, non déjà financées par un autre dispositif, et conservées avec justificatifs pendant au moins 5 ans. En cas de contrôle, la traçabilité fait toute la différence.

Les conséquences en cas de non-respect

En cas de non-déclaration ou de déclaration tardive, l’entreprise s’expose à :

  • une contribution forfaitaire, calculée comme si aucun bénéficiaire n’était employé,
  • une majoration de cette contribution,
  • et, en cas de manquements répétés, à un risque de redressement URSSAF.

D’où l’intérêt de fiabiliser les données sociales bien en amont : avec un SIRH comme Staff&Go, les statuts BOETH, les effectifs et les flux DSN sont sécurisés dès la source. Vous évitez ainsi qu’une approximation administrative ne se transforme, quelques mois plus tard, en coût inutile.

FAQ - Ce qu'il faut retenir

Oui. Même lorsque le seuil de 6 % est atteint et qu’aucune contribution n’est due, la déclaration annuelle reste obligatoire. L’absence de DOETH peut, à elle seule, entraîner une pénalité.

Non, elle n’est pas assujettie à la déclaration annuelle ni à la contribution. En revanche, elle doit déclarer mensuellement en DSN le statut de travailleur handicapé de ses salariés concernés.

Oui, tant que la campagne est ouverte, des corrections via la DSN restent possibles. En revanche, une régularisation tardive est plus encadrée et peut exposer l’entreprise à une majoration ou à un contrôle.

L’employeur doit pouvoir produire les justificatifs attestant du statut BOETH de chaque salarié déclaré (RQTH, pension d’invalidité, etc.), valides au 31 décembre de l’année de référence. Ces documents doivent être conservés au moins 5 ans en cas de contrôle.

Non. Les contrats passés avec des EA, ESAT ou travailleurs indépendants handicapés permettent de réduire le montant de la contribution, mais ne remplacent pas l’obligation d’employer directement des bénéficiaires à hauteur de 6 % de l’effectif.

Article rédigé par

La Team Staff & Go

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