La meilleure gestion des congés non pris, c’est encore celle qui évite d’avoir à se poser la question. Mais lorsque les jours s’accumulent malgré tout, mieux vaut savoir précisément ce que la loi autorise… et ce qu’elle interdit. Perte des congés, report, indemnité compensatrice…On fait le point sur le cadre légal, les droits des salariés, les obligations employeur et les leviers RH pour sécuriser vos pratiques sans rigidifier votre organisation.
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Gestion des congés non pris : obligations et bonnes pratiques pour les employeurs
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Sommaire
Les congés payés doivent être pris : à défaut, ils sont en principe perdus et ne peuvent pas être payés. Le paiement ou le report n’est possible que dans des cas strictement encadrés et l’employeur doit pouvoir prouver qu’il a permis leur prise.
Congés payés non pris : ils sont perdus par principe
Dans la majorité des entreprises, la règle est simple : les congés payés doivent être pris avant la fin de la période de prise, généralement fixée au 31 mai de l’année suivante, sauf accord collectif prévoyant une autre date.
On va droit au but : un congé payé, ça se prend. Ça ne se stocke pas indéfiniment. Et ça ne se transforme pas en bonus sur la fiche de paie du salarié.
Si un salarié n’a pas pris ses congés sans y avoir été empêché, ils sont perdus à la fin de la période de prise. Pas de report automatique, pas d’indemnité compensatrice (Cass. soc., 7 avr. 2009, n° 07-45.525).
Même logique pour les profils « indispensables » à l’entreprise ou très investis : ne pas partir en congés par choix ou par habitude ne crée aucun droit à indemnisation (Cass. soc., 17 déc. 1987, n° 85-43.845).
En clair : tant que l’employeur n’a pas bloqué la prise des congés, le compteur peut retomber à zéro.
Téléchargez notre infographie sur l’acquisition des congés payés : un support clair qui résume l’essentiel à connaître pour l’employeur.
Congés non pris : dans quels cas le report est-il possible ?
Les reports de droit prévus par le code du travail
Parfois, il n’y a pas de débat : le report s’impose à l’employeur. Lorsque le salarié n’a pas pu prendre ses congés pour un motif protégé, ils ne peuvent pas être perdus.
Sont notamment concernés :
- le congé maternité, paternité ou d’adoption (C. trav., art. L. 3141—2) ;
- l’arrêt de travail pour maladie ou accident, qu’il soit professionnel ou non ;
- le congé parental d’éducation, le congé de présence parentale ou de proche aidant.
Dans ces situations, les congés sont reportés automatiquement.
Le salarié dispose ensuite d’un délai de 15 mois pour utiliser ce solde, à compter du moment où l’employeur l’informe de ses droits après la reprise (C. trav., art. L. 3141- 19- 1).
Rappel : la loi n°2024-364 du 22 avril 2024
Les règles d’acquisition des congés pendant un arrêt de travail ont évolué :
- En cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle, le salarié continue d’acquérir 2,5 jours ouvrables par mois, sans limitation de durée.
- En cas de maladie non professionnelle, il acquiert désormais 2 jours ouvrables par mois, dans la limite de 24 jours ouvrables par période d’acquisition.
Les reports sous conditions
En dehors des cas « de droit », le report n’est ni automatique ni obligatoire.
Il peut toutefois être envisagé :
- si un accord collectif le prévoit,
- s’il existe un usage d’entreprise clairement établi,
- ou si un accord explicite est trouvé entre le salarié et l’employeur.
Mais attention, le salarié ne peut jamais s’auto-accorder un report et l’employeur peut légitimement refuser, tant qu’il n’a pas empêché la prise des congés.
À défaut d’accord ou d’empêchement avéré, les congés non pris sont définitivement perdus à la fin de la période de prise.
En pratique pour les RH : le report « toléré une fois » peut très vite devenir un usage opposable. D’où l’intérêt de poser des règles claires dès le début, pour tous et de s’aider d’un logiciel de gestion des congés pour accompagner les collaborateurs !
CET : une solution encadrée, pas un fourre-tout
Le Compte Épargne Temps peut être un vrai levier de souplesse, à condition de ne pas l’utiliser n’importe comment.
Quelques rappels essentiels :
- seuls les congés annuels au-delà de 24 jours ouvrables (donc la 5ᵉ semaine et les congés issus de la convention collective) peuvent alimenter un CET (C. trav., art. L. 3151—2) ;
- l’alimentation du CET suppose un cadre collectif ou conventionnel ;
- le salarié ne peut jamais y verser ses congés « de base » pour contourner l’obligation de repos prévue par le code du travail.
Le message à retenir : le CET est un outil de gestion, pas une soupape pour stocker des congés non pris faute d’organisation !
Le don de jours de congés
Le don de jours de repos permet à un salarié de céder, de façon anonyme et sans contrepartie, certains jours non pris à un collègue confronté à une situation grave (enfant malade, handicap, proche aidant).
Cerise sur le gâteau : depuis le décret n° 2025-161 du 20 février 2025, le dispositif a été élargi : un salarié peut également faire don de jours de repos à une association ou fondation d’intérêt général, dans la limite de 3 jours ouvrables par an
Seuls les jours au-delà des 4 premières semaines de congés payés peuvent être donnés (5ᵉ semaine, RTT, CET), et toujours avec l’accord de l’employeur.
Congés non pris et indemnité compensatrice : quand faut-il payer ?
Rupture du contrat : le paiement devient obligatoire
Dès qu’un contrat de travail prend fin (démission, licenciement…), tous les congés payés non pris doivent être payés. Sans exception.
Et ce, peu importe le motif :
- démission,
- licenciement (y compris pour faute lourde),
- rupture conventionnelle,
- fin de CDD ou de contrat d’apprentissage,
- départ à la retraite,
- ou décès du salarié (l’indemnité est alors versée aux ayants droit).
L’indemnité compensatrice couvre le solde des congés acquis sur la période en cours mais aussi des congés reportés (C. trav., art. L. 3141—28). Autrement dit : à la rupture, tout ce qui reste au compteur se paie.
Quand l’employeur empêche la prise des congés
Hors rupture du contrat de travail, le principe reste clair : les congés payés doivent être pris, pas payés. Mais ce principe tombe dès lors que l’employeur a mis le salarié dans l’impossibilité de partir.
C’est le cas, par exemple, lorsque :
- les demandes de congés sont refusées sans justification valable ;
- la charge de travail rend la prise de congés irréaliste ;
- aucun planning n’est organisé, ou les reports sont entretenus sans cadre clair.
Dans ces situations, le salarié peut obtenir soit une indemnité compensatrice, soit des dommages et intérêts pour le préjudice subi (Cass. soc., 14 oct. 1998, n° 96-40.083).
Attention ! Le simple fait que les congés n’aient pas été pris ne suffit pas. Le salarié doit démontrer un préjudice, mais c’est à l’employeur de prouver qu’il a tout mis en œuvre pour permettre leur prise (Cass. soc., 13 juin 2012, n° 11-10.929).
Comment calculer l’indemnité sans erreur ?
Pour le calcul de l’indemnité compensatrice de congés payés, deux méthodes sont à comparer :
- la règle du dixième : 10 % de la rémunération brute perçue pendant la période de référence ;
- le maintien de salaire : le salaire que le salarié aurait perçu s’il avait travaillé dans l’entreprise pendant ses congés.
Et vous devez opter pour la méthode la plus favorable au salarié !
| Éléments pris en compte dans l’assiette | Éléments exclus de l’assiette |
| Salaire de base | Primes exceptionnelles sans lien avec l’activité |
| Primes contractuelles liées au travail effectif | Primes versées indépendamment du temps de travail |
| Commissions liées à la performance ou à la production | Gratifications purement discrétionnaires |
| Avantages en nature (logement, véhicule, etc.) | Remboursements de frais professionnels des salariés |
Depuis la réforme du 22 avril 2024, les droits des salariés français ont évolué : les absences pour arrêt maladie sont prises en compte dans la base de calcul (2 jours et demi par mois pour les accidents du travail et maladies professionnelles, contre 2 jours par mois pour les maladies non professionnelles).
Et côté paie ?
- L’indemnité compensatrice doit apparaître distinctement sur le bulletin de salaire,
- Elle est soumise aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu,
- Elle figure dans le solde de tout compte.
Sécuriser la gestion des congés : les bonnes pratiques RH à adopter
La meilleure façon de gérer les congés non pris, c’est encore de ne jamais les laisser devenir un sujet. Anticipation, traçabilité, clarté : côté RH, ce sont vos meilleurs alliés.
Les bonnes pratiques relèvent souvent du bon sens !
- Formaliser les règles : période de prise, date de clôture, possibilités (ou non) de report, CET… tout doit être écrit et accessible. Pensez à vous appuyer sur un module de communication RH pour diffuser en masse les infos essentielles aux salariés. Résultat : tout est tracé. Et en cas de contestation, difficile d’entendre un “je n’étais pas au courant”.
- Suivre les compteurs en continu : pas uniquement en fin de période ou deux semaines avant la fin d’un contrat de travail. Les soldes à risque doivent être visibles à l’avance.
- Alerter avant la date butoir : rappels automatiques, messages RH, points managériaux.
- Impliquer les managers : refus systématiques = risque de terminer aux prud’hommes. Ils doivent connaître les règles clés.
- Tracer les échanges : rappels envoyés, demandes refusées, alternatives proposées. Tout doit être référencé.
L’objectif ? Pouvoir démontrer, en cas de contrôle ou de litige, que l’entreprise a tout mis en œuvre pour permettre la prise effective des congés.
Et si c’était possible avec Staff&Go ?
Avec le module Congés & Absences, vous gérez l’ensemble des demandes depuis une seule plateforme, de manière intuitive et sécurisée.
Tout le processus est automatisé et sans double saisie : les salariés formulent leur demande, les managers valident selon un paramétrage granulaire (avec autant de niveaux d’approbation que nécessaire) et tout est tracé.
Le vrai plus ? La connexion avec votre logiciel de paie : les compteurs sont récupérés automatiquement, sans recalcul manuel. Résultat : moins d’erreurs, zéro écart, et une gestion des congés parfaitement fiabilisée !
Vous l’aurez compris, la gestion des congés payés non pris engage à la fois les droits du salarié, les obligations de l’employeur et la responsabilité de l’entreprise au regard du droit du Code du travail. Par principe, les congés doivent être pris sur la période prévue : hors report légal (maladie, accident, congé parental, absence professionnelle), ils sont perdus et ne peuvent être réglés ni donner lieu à indemnisation.
En cas de rupture du contrat de travail (licenciement, démission, fin de CDD ou rupture conventionnelle…), le solde de congés doit être versé sous forme d’indemnité compensatrice, selon la méthode de calcul la plus favorable au salarié (maintien de salaire ou règle du dixième).
Calcul, repos effectif, gestion des absences, organisation interne, obligations en matière de paie et sécurisation des droits : en matière de congés, une méthode claire protège l’entreprise comme les salariés.
FAQ - Ce qu'il faut retenir
Les congés non pris sont-ils automatiquement payés ?
Non. Hors rupture du contrat ou empêchement imputable à l’employeur, les congés payés doivent être pris. À défaut, ils sont en principe perdus.
Peut-on toujours reporter des congés non pris ?
Non. Le report est automatique uniquement dans certains cas légaux (maladie, maternité, congés protégés). En dehors de ces situations, il nécessite un accord clair ou un cadre collectif.
Quel est le principal risque pour l’employeur ?
Ne pas pouvoir prouver qu’il a permis la prise effective des congés. En cas de litige, l’absence de traçabilité peut conduire à une indemnisation, même sans départ du salarié.
Un salarié peut-il exiger le paiement de ses congés non pris plutôt que de les poser ?
Non. Le paiement des congés payés en lieu et place de leur prise est interdit en dehors d’une rupture de contrat. Le salarié ne peut pas renoncer à ses congés contre une compensation financière, et l’employeur qui accepterait s’exposerait à un redressement.
L'employeur peut-il imposer les dates de prise des congés ?
Oui. L’employeur a le pouvoir de fixer l’ordre des départs et la période de prise des congés, dans le respect des règles légales et conventionnelles applicables. Il peut même imposer la fermeture de l’entreprise sur une période donnée.
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