Avec la LFSS 2026, la durée maximale des arrêts de travail va être encadrée plus strictement.
À compter du 1er septembre 2026, un arrêt initial ne pourra plus dépasser un mois, et chaque renouvellement deux mois (article L.162-4-1 du Code de la Sécurité sociale modifié).
Pour les RH, c’est tout un mode de gestion à revoir : suivi plus serré, prolongations plus fréquentes, coût du maintien de salaire à recalculer.
Voici ce qui change concrètement et comment vous adapter.
Pour aller plus loin sur l’ensemble des mesures à anticiper, consultez notre kit PLFSS 2026 : tout ce que vous devez anticiper en paie dès maintenant.
Comprendre les règles sur la durée des arrêts de travail
Quelle est la durée maximale des arrêts de travail classiques ?
Aujourd’hui, avant l’entrée en vigueur de la réforme du 1er septembre 2026, le médecin fixe librement la durée de l’arrêt selon l’état de santé du salarié. Pas de minimum ni de maximum strict pour un arrêt initial ou une prolongation.
Côté indemnisation, la règle est en revanche déjà bien cadrée. Pour une maladie « classique », la Sécurité sociale verse au maximum 360 indemnités journalières (IJ) sur une période de 3 ans glissants (article R.323-1 du Code de la Sécurité sociale). Une fois ce plafond atteint, l’indemnisation s’interrompt. Un nouveau droit s’ouvre si le salarié a retravaillé au moins 1 an entre deux périodes. À défaut, d’autres dispositifs prennent le relais : invalidité, temps partiel thérapeutique ou reconversion.
Quand un arrêt devient-il une maladie longue durée (ALD) ?
Contrairement à une idée reçue, l’ALD ne se définit pas par une durée d’arrêt de six mois. C’est une catégorie médico-administrative encadrée par les articles L.160-14 et D.160-4 du Code de la Sécurité sociale. Elle concerne les pathologies graves ou chroniques nécessitant des soins prolongés et coûteux, et fait l’objet d’une liste de 30 ALD dites « exonérantes » (cancer, diabète, AVC, sclérose en plaques, etc.) auxquelles s’ajoutent les ALD « non exonérantes ».
La reconnaissance en ALD repose sur un protocole de soins établi par le médecin traitant et validé par le service médical de l’Assurance Maladie indépendamment de la durée de l’arrêt en cours. L’Assurance Maladie déploie également un parcours d’accompagnement « pré-ALD » pour certains assurés à risque (obésité, hypertension, diabète sans complication), dans une logique de prévention de la désinsertion professionnelle.
Quelles différences entre arrêt temporaire et arrêt de longue durée ?
| Critères | Arrêt de travail classique | Arrêt en lien avec une ALD |
| Durée d’indemnisation | 360 IJ maximum sur 3 ans glissants | Jusqu’à 3 ans de date à date par affection |
| Délai de carence | 3 jours à chaque nouvel arrêt | Pas de carence pour les arrêts en lien avec l’ALD |
| Condition après 6 mois d’arrêt | 12 mois d’affiliation + 600 h de travail OU 2 030 fois le SMIC horaire | Conditions identiques |
| Renouvellement des droits | Possible après reprise d’au moins 1 an | Possible après reprise > 12 mois sans arrêt lié à l’ALD |
| Impact retraite | 1 trimestre validé tous les 60 jours d’IJ, max 4/an | Règle identique |
| Contrôle médical | Possible à tout moment | Suivi renforcé avec intervention possible du médecin du travail |
Côté RH, ces règles imposent un suivi structuré des absences longues, notamment pour anticiper les reprises, les aménagements de poste et les éventuelles inaptitudes.
Consultez notre guide congés payés et arrêt maladie : nouvelles règles en 2026 pour le détail.
Les récentes évolutions législatives sur les arrêts de travail
Les arrêts de travail figurent au cœur de la LFSS 2026. L’objectif assumé : mieux encadrer les prescriptions, renforcer les contrôles et contenir des dépenses d’IJ qui ont fortement progressé.
Pour visualiser d’un coup d’œil l’ensemble des changements 2026, consultez notre infographie résumé sur la limitation des arrêts de travail.
Limitation de la durée initiale des arrêts : ce qui change concrètement
À compter du 1er septembre 2026, l’article 81 de la LFSS 2026 fixe une durée initiale maximale d’un mois pour la prescription d’un arrêt de travail. Le médecin devra par ailleurs indiquer le motif de l’arrêt sur l’avis transmis à l’Assurance Maladie. La prescription reste médicale, mais elle s’inscrit dans un cadre plus formalisé.